Bush plaide pour une Europe solide

le 20 juin 2005 à 21h20 , mis à jour le 20 juin 2005 à 22h28

A Washington, le président américain, qui recevait lundi les dirigeants européens, a souligné l'importance qu'il attache à l'UE comme "partenaire solide". A Londres, à trois jours d'un discours devant les députés européens où il devrait exposer sa "vision libérale", Tony Blair a prévenu : l'Europe ne peut attendre dix ans pour changer.

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Les sommets annuels entre les Etats-Unis et l'Union européenne sont d'habitude essentiellement l'occasion de faire le point sur les relations commerciales entre les deux principales puissances économiques mondiales. Mais la crise que traverse l'Union européenne a donné à la réunion qui a eu lieu lundi à Washington un relief particulier.

Alors que les dirigeants des 25 pays européens se sont profondément divisés lors de leur sommet de Bruxelles la semaine dernière sur des questions budgétaires, les dirigeants de l'UE, à savoir son président en exercice, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont tenu une conférence de presse commune avec George W. Bush. Leur message se voulait optimiste : "l'Union européenne est là, nous travaillons, nous prenons des décisions (...) et nous sommes attachés à la relation très étroite avec les Etats-Unis". C'est ce qu'a dit José Manuel Barroso aux journalistes américains ; rappelant l'élargissement rapide de l'UE ces dix dernières années, il a estimé lundi que "ce n'était pas une surprise que, dans le cadre de ce processus, il y ait quelques problèmes".

Proximité de vues

"Les Etats-Unis continuent d'apporter leur soutien à une Union européenne solide comme partenaire pour donner plus d'ampleur à la liberté, la démocratie, la sécurité et la prospérité dans le monde", a affirmé pour sa part le président américain. Et de souligner : "lorsque les Etats-Unis et l'Union européenne parlent d'une seule voix, les gens entendent mieux". Passage obligé de l'exercice, dans plusieurs déclarations communes adoptées au sommet, les Etats-Unis et l'Union européenne ont souligné leur proximité de vues sur le Liban (en proposant à ce sujet une conférence internationale), l'Iran (avec un appel commun à cesser "totalement et de manière vérifiable" l'enrichissement d'uranium) et la Corée du Nord (invitée à détruire ses armes nucléaires).

Mais alors même que George W. Bush plaidait ainsi pour une "Europe forte", le conflit entre conceptions de l'Europe se poursuivait outre-Atlantique. A trois jours d'un discours crucial à Bruxelles, Tony Blair a justifié lundi sa fermeté sur le budget européen 2007-2013 en affirmant aux Communes que l'Europe ne peut attendre dix ans pour changer alors qu'elle fait face à la mondialisation. Le Premier ministre britannique, qui a appelé à un "débat fondamental" sur l'Europe depuis l'échec des ratifications française et néerlandaise de la Constitution, doit s'adresser jeudi aux députés européens. Ce discours devrait être l'occasion pour lui de formuler sa vision de l'Europe, alors que deux conceptions s'affrontent au sein de l'UE à 25, la sienne, plus libérale, et une autre plus sociale, défendue notamment par la France et d'autres pays fondateurs du projet européen.

Photo d'ouverture : "photo de famille" du sommet USA - UE - DR

le 20 juin 2005 à 21:20
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9 Commentaires

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  • Jacques, le 21/06/2005 à 17h34

    Attention à l'angélisme, c'est bien beau d'envier la politique de Blair, mais alors il faut admettre de travailler plus et pour moins cher comme le font les anglais. ça me fait penser à la réaction des français quand on leur demande s'ils sont pour l'ouverture des magasins le Dimanche 90 % sont pour, mais si on leur demande de venir travailler le dimanche alors 90 % sont contre. Une des caractéristique des français c'est qu'ils sont pour les efforts chez les autres mais pas pour eux personnellement. La véritable question est celle-ci : acceptez vous de travailler plus, pour moins cher, sans garantie d'emploie ni d'allocations chomage ? si vous répondez oui vous êtes pour le système Blair si vous répondez Non, alors arrêtez d'envier le système anglais.

  • Oli, le 21/06/2005 à 14h51

    Chirac est suffisemment decredibilisé comme ca , ca tournerai au ridicule. Chirac: " l' agriculture c' est l 'avenir !"

  • Fred, le 21/06/2005 à 12h21

    D'accord avec Michel de Paris. A tous ceux qui on dit non et qui se croyaient le centre du monde, vous vouliez du social...

  • Bush de la, le 21/06/2005 à 09h35

    Evidemment, il veut que nous appuyons sa politique en IRAN, et ailleurs. Le problème étant que nous Européens avons d'abord à nous preoccupè de nos problèmes avant des leurs.

  • Xx, le 21/06/2005 à 09h05

    Malheureusement, ca va tourner a la guerre economique et politique entre etat, l'europe n'existe plus. le probleme est que nous sommes de plus en plus seul. devont nous rester dans l'europe ? 60 millions contre le reste du monde ?, accepter d'etre un esclave d'une grande puissance ?, usa/chine, comme les japonais totalement soumis aux USA.

  • Michel, le 21/06/2005 à 08h58

    Et c'est parti! Blair vas répondre au non francais... Il vas eliminer assistanat à la francaise et créer un super état liberal. Alors content les noniste? ;-) Bonne chance et que la force soit avec vous!!!

  • Europeen, le 21/06/2005 à 07h51

    Il faut laisser faire Blair car il a raison le changement radical pour l europe est la seule solution, merci Blair.

  • Gianni, le 21/06/2005 à 05h46

    Le social ca ne m'etonne pas que ce soit un projet francais c'est des electeurs a court termes que les politiciens voient ! Mais la realite est bien plus dure Bravo a MR Tony BLAIR d'affronter cela avec determination et courage c'est lui qui a raison et qui defend son pays !

  • Castillon, le 20/06/2005 à 23h10

    Blair explique la politique qu'il a mise en oeuvre au sommet de Bruxelles devant son Parlement. Maintenant, il annonce qu'il va faire de même devant le Parlement européen. Pourquoi Chirac ne lui lancerait-il pas le défi d'un débat devant le parlement européen retransmis à une heure de grande écoute par les télévisions d'Europe?

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