
Les sommets annuels entre les Etats-Unis et l'Union européenne sont d'habitude essentiellement l'occasion de faire le point sur les relations commerciales entre les deux principales puissances économiques mondiales. Mais la crise que traverse l'Union européenne a donné à la réunion qui a eu lieu lundi à Washington un relief particulier.
Alors que les dirigeants des 25 pays européens se sont profondément divisés lors de leur sommet de Bruxelles la semaine dernière sur des questions budgétaires, les dirigeants de l'UE, à savoir son président en exercice, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont tenu une conférence de presse commune avec George W. Bush. Leur message se voulait optimiste : "l'Union européenne est là, nous travaillons, nous prenons des décisions (...) et nous sommes attachés à la relation très étroite avec les Etats-Unis". C'est ce qu'a dit José Manuel Barroso aux journalistes américains ; rappelant l'élargissement rapide de l'UE ces dix dernières années, il a estimé lundi que "ce n'était pas une surprise que, dans le cadre de ce processus, il y ait quelques problèmes".
Proximité de vues
"Les Etats-Unis continuent d'apporter leur soutien à une Union européenne solide comme partenaire pour donner plus d'ampleur à la liberté, la démocratie, la sécurité et la prospérité dans le monde", a affirmé pour sa part le président américain. Et de souligner : "lorsque les Etats-Unis et l'Union européenne parlent d'une seule voix, les gens entendent mieux". Passage obligé de l'exercice, dans plusieurs déclarations communes adoptées au sommet, les Etats-Unis et l'Union européenne ont souligné leur proximité de vues sur le Liban (en proposant à ce sujet une conférence internationale), l'Iran (avec un appel commun à cesser "totalement et de manière vérifiable" l'enrichissement d'uranium) et la Corée du Nord (invitée à détruire ses armes nucléaires).
Mais alors même que George W. Bush plaidait ainsi pour une "Europe forte", le conflit entre conceptions de l'Europe se poursuivait outre-Atlantique. A trois jours d'un discours crucial à Bruxelles, Tony Blair a justifié lundi sa fermeté sur le budget européen 2007-2013 en affirmant aux Communes que l'Europe ne peut attendre dix ans pour changer alors qu'elle fait face à la mondialisation. Le Premier ministre britannique, qui a appelé à un "débat fondamental" sur l'Europe depuis l'échec des ratifications française et néerlandaise de la Constitution, doit s'adresser jeudi aux députés européens. Ce discours devrait être l'occasion pour lui de formuler sa vision de l'Europe, alors que deux conceptions s'affrontent au sein de l'UE à 25, la sienne, plus libérale, et une autre plus sociale, défendue notamment par la France et d'autres pays fondateurs du projet européen.
Photo d'ouverture : "photo de famille" du sommet USA - UE - DR
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