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Les dirigeants de l'UE ont serré les rangs lundi, cherchant à dédramatiser la suspension, par Londres, du référendum britannique sur la Constitution européenne et se donnant rendez-vous au sommet des 16 et 17 juin à Bruxelles. "Le processus de ratification n'est pas mort. Il serait mort si le gouvernement britannique voulait abandonner le processus mais ce n'est pas le cas", a immédiatement estimé le président en exercice de l'UE, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. "Chaque Etat membre a le droit de décider quand et comment il entend organiser la ratification. Ce que je demande aux Etats membres, c'est que la décision d'ensemble soit prise collectivement", a renchéri le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso. Il avait répété ces derniers jours qu'il était contre toute "décision unilatérale" d'un Etat membre avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement au cours duquel les 25 se pencheront sur les conséquences du double rejet par la France et les Pays-Bas de la Constitution.
La Constitution "n'est pas morte", a affirmé de son côté le ministre polonais des Affaires étrangères, Adam Rotfeld, pour qui la "décision de la Grande-Bretagne ne change rien". "Ce n'est pas la fin, c'est une interruption" du processus, a renchéri son homologue allemand, Joschka Fischer. En annonçant la suspension du processus au Royaume Uni, le chef de la diplomatie britannique a lui-même renvoyé la balle aux chefs d'Etat et de gouvernement des 25. "C'est maintenant aux leaders européens de prendre une décision sur la façon de gérer cette situation", a-t-il estimé.
"Chaque Etat membre doit avoir le droit de se prononcer"
D'ici au sommet, les dirigeants européens semblent quoiqu'il en soit vouloir éviter les vagues. Le Premier ministre suédois Göran Persson a estimé que son pays devait poursuivre son processus de ratification parlementaire jusqu'à ce que "la situation concernant la Constitution s'éclaircisse". En revanche, "si l'on veut renégocier le traité, il est insensé de poursuivre notre processus", a nuancé le Premier ministre, dans des propos rapportés par l'agence TT.
Le son de cloche était similaire au Portugal et au Danemark, où des référendums sont prévus sur la Constitution. "La décision portugaise est de maintenir l'organisation d'un référendum en octobre", a déclaré le ministre portugais des Affaires étrangères, Diogo Freitas do Amaral. "A moins qu'une décision différente ne soit prise lors du prochain sommet européen du 16 et 17 juin", a-t-il aussitôt ajouté. Pour le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, le maintien du référendum dépendra également du sommet. "Mon point de vue est toujours que les Danois doivent avoir l'opportunité de se prononcer quant au traité. Mais cela implique évidemment que ce sur quoi les Danois se prononcent soit clair", a-t-il dit.
D'autres ont appelé à la poursuite du processus par respect pour les autres pays. "La position de la France est, comme celle de l'Allemagne, qu'il est souhaitable que le processus de ratification se poursuive par respect pour les douze pays qui se sont déjà prononcés et aussi par exigence démocratique et par respect de ceux qui souhaitent le faire", a affirmé la ministre française déléguée aux Affaires européennes, Catherine Colonna. La ligne était la même côté pour la Belgique, où le porte-parole du Premier ministre Guy Verhofstadt rappelle que "chaque Etat membre doit avoir le droit de se prononcer sur la Constitution".
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