
Les Pays-Bas ont infligé un nouveau coup à la Constitution européenne, trois jours après le non français, en la rejetant mercredi à 61,6% des voix, selon les résultats définitifs non officiels. Ce rejet par un second pays fondateur de l'Union ne doit pas empêcher "le processus de ratification de continuer", a déclaré la présidence luxembourgeoise de l'UE, tout en se disant "inquiète" quant à l'issue du référendum prévu le 10 juillet prochain dans son propre pays.
Le Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, s'est dit "très déçu". Même si le scrutin n'était que consultatif, il a promis de respecter la volonté de ses concitoyens d'autant que le taux de participation s'est élevé à 62,8%, soit près de 24 points de plus qu'aux élections européennes de juin 2004. Les principaux partis avaient dit qu'ils tiendraient compte de la consultation si la participation dépassait 30%. Un débat aura lieu jeudi au Parlement à La Haye.
Un "non" multiple
Pour le ministre des Affaires Etrangères britannique Jack Straw, ce vote pose "de sérieuses questions" sur la direction que doit prendre l'UE. Jacques Chirac a parlé de "fortes préoccupations" exprimée par les électeurs sur le projet européen. Mais le chancelier allemand Gerhard Schröder a en revanche estimé que "le processus de ratification doit continuer". A New York, l'euro est tombé sous le seuil de 1,22 dollar, son plus bas niveau depuis plus de huit mois.
Selon les sondages, les Néerlandais redoutent une dissolution de leur pays dans l'Europe élargie, et une intervention de Bruxelles sur la politique libérale en matière de drogues douces, le mariage ouvert aux homosexuels ou l'euthanasie. Ils voient une preuve de la malhonnêteté des politiques dans l'aveu de l'ancien directeur de la Banque centrale néerlandaise selon lequel le florin avait été sous évalué par rapport au deutschemark lors du passage à l'euro. Parmi les autres raisons du non figurent la crainte de l'étranger et une possible adhésion de la Turquie.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




