Chirac et Merkel le 25 aout 2006 à Paris © LCIProgramme nucléaire iranien, Proche-Orient et plusieurs dossiers énergétiques, dont l'entrée de la Russie dans le capital du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS : Jacques Chirac, Vladimir Poutine et Angela Merkel se retrouvent ce samedi au château de Compiègne, dans l'Oise, pour un mini-sommet -le président russe a eu vendredi soir un entretien préalable et un dîner de travail avec le chef de l'Etat à l'Elysée.
La Russie attend de Paris et Berlin "un signal pour créer des conditions égales pour l'investissement dans leurs économies", a rappelé mardi à Moscou le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma, Konstantin Kossatchev, regrettant que les Russes soient "les seuls à jouer le jeu". Tout nouvel actionnaire d'EADS avec une part de 5,02 %, la Russie, via la banque publique Vnechtorgbank, laisse entendre qu'elle pourrait chercher à obtenir "une minorité de blocage" dans le consortium, afin de peser sur ses décisions. EADS a de son côté pris 10% dans l'avionneur russe Irkout, et Airbus, dont EADS est la maison mère, guigne le marché du renouvellement de la flotte d'Aeroflot.
Ne pas froisser la Pologne
Berlin a pris soin avant la réunion de Compiègne de consulter les trois Etats baltes et la Pologne pour l'autre gros dossier énergétique, le projet géant de gazoduc germano-russe à travers la Baltique, qui doit fournir une solution de remplacement au transit du gaz russe par l'Europe de l'Est. Riga, Tallinn, Vilnius et Varsovie voient d'un mauvais oeil ce projet qui contourne leurs territoires, et, selon le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, Angela Merkel veut éviter de donner l'impression que, comme du temps de Gerhard Schröder, l'axe Moscou-Berlin-Paris se développe au détriment de cette région du nord de l'Europe.
Concernant les sujets diplomatiques, Paris, Moscou et Berlin sont en outre particulièrement impliqués dans la recherche d'une solution à la crise avec Téhéran sur le dossier du nucléaire. Jacques Chirac a préconisé mardi à l'ONU un compromis : il serait convenu d'un double "geste de bonne volonté" de la part de l'Iran et des six grandes puissances (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Chine et Russie), selon lequel Téhéran suspendrait ses activités d'enrichissement d'uranium et les six suspendraient leurs discussions sur des sanctions.
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