Deuxième nuit d'affrontements à Budapest

le 20 septembre 2006 à 06h51 , mis à jour le 20 septembre 2006 à 11h20

Des heurts entre la police et des centaines de manifestants réclamant la démission du Premier ministre socialiste ont éclaté dans la nuit.

Affrontements entre la police et des manifestants à BudapestAffrontements entre la police et des manifestants à Budapest © LCI

Les affrontements ont éclaté près du siège du parti socialiste à Budapest, la capitale hongroise, à l'issue d'une manifestation pacifique qui a rassemblé environ 10.000 personnes devant le siège du parlement. Ils ont opposé la police à des centaines de manifestants réclamant la démission du Premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsany. Les manifestants lui reprochent d'avoir menti aux Hongrois en leur cachant notamment un programme d'austérité économique pour remporter les élections législatives d'avril.

Un groupe de plusieurs centaines d'individus, essentiellement des jeunes parfois cagoulés, s'est détaché en fin de manifestation pour se rendre au siège du parti socialiste. Cinquante-sept personnes ont été blessées au cours des heurts. On compte aussi 98 interpellations. Une voiture de police a été incendiée, ainsi que plusieurs poubelles, selon l'agence hongroise MTI. Des centaines de policiers anti-émeutes, certains à cheval, d'autres avec des chiens de combat, ont usé de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser la foule, essentiellement composée de jeunes parfois cagoulés qui leur ont lancé des projectiles. Le police a réussi tôt mercredi matin à disperser les derniers casseurs.

Gyurcsany affiche sa fermeté

Le Premier ministre a déclaré mercredi qu'il n'aurait "aucune patience" envers les casseurs. "Le gouvernement de la République maintient fermement le seul cap possible: la politique de réforme pour assurer le développement et l'équilibre économique" du pays, a-t-il martelé, renouvellant sa position de fermeté affichée mardi. "Nous faisons notre travail sans reculer", a-t-il dit.

Dans la nuit de lundi à mardi, quelque 3.000 personnes avaient manifesté bruyamment et saccagé les locaux de la télévision nationale. Ces violences avaient fait 150 blessés dont un grave. Mardi matin, Ferenc Gyurcsany, qui avait qualifié ces événements de "nuit la plus longue et la plus sombre de toute l'histoire de la troisième république", a exclu de démissionner. Face à la gravité de la situation, les députés hongrois ont voté mardi à la quasi-unanimité un texte condamnant les violences et appelant au calme, sur proposition des cinq partis représentés au parlement.

L'opposition prône la démission du Premier ministre

Janos Ader, un dirigeant du principal parti hongrois de droite, Fidesz, a réclamé mercredi à la télévision une démission sans condition de Ferenc Gyurcsany. Ses propos représentent un durcissement de la position du parti d'opposition. Mardi, le président du Fidesz Viktor Orban avait réclamé la démission du Premier ministre en cas de défaite des socialistes aux élections municipales du 1er octobre. Fidesz Viktor Orban Orban, qui fut chef du gouvernement de 1998 à 2002, a tenté ainsi de transformer les prochaines élections locales en référendum sur la personne de Gyurcsany.

D'après agence

le 20 septembre 2006 à 06:51
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3 Commentaires

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  • Jean-Claude M, le 22/09/2006 à 08h15

    Je suis d'accord avec JAVORI sur son point de vue, car je vie ici depuis 1998, et je critique le gouvernement de MSZP. Ils ont trahi pendant 5 ans les hongrois en détournant de l'argent et maintenant il faut payer avec des impots bidons pour leurs poches. Bruxelles et les parties de gauche européennes se sont fait trompées comme des cornichons avec MSZP + SZDSZ. Aussi je ne comprends pas pourquoi mes lettres ne sont jamais diffusées sur mes réactions ( + 4émes ou la 5émes fois) .

  • Jávori, le 20/09/2006 à 17h00

    Les médias extérieurs á la Hongrie -et LCI n’a pas fait exception jusqu’á maintenant- omettent de dire l'essentiel sur les raisons de la révolte des Hongrois. Cette lacune importante dans l’information diffusée à l’international donne à bon nombre d’entre eux le sentiment d'être incompris et non-respectés dans leur colère. En effet, on ne demande pas au premier ministre Ferenc Gyurcsány de démissionner parce qu'il mène une politique austère, mais parce qu'il a trahi ses électeurs et à cette occasion, n'a pas respecté la démocratie. Si le MSZP, parti socialiste hongrois, a été réélu, c'est parce que la majorité des électeurs a voté pour lui, donnant foi à son discours sur l’état économique du pays et approuvant son prétendu programme. Or, Ferenc Gyurcsány mentait sur l’un comme sur l’autre. Il n'a donc pas été élu démocratiquement, les électeurs ayant été abusés. Je regrette et suis choquée que l’on n'entende nulle part ce commentaire fondamental, qui est LA raison pour laquelle les Hongrois manifestent sans interruption depuis dimanche dernier. Les commentaires se bornent á dire: les Hongrois sont furieux contre le premier ministre à cause de son plan d'austérité, mais le ministre reste ferme... On oublie de dire que si la situation économique du pays est dramatique, et que si une politique austère est nécessaire, c’est parce que le gouvernement sortant, avec à sa tête M. Gyurcsány, a manœuvré le pays de façon tout-á-fait maladroite, comme l’admet d’ailleurs le premier ministre dans son discours diffusé dimanche, que l’on pourrait traduire « Nous avons tout foiré. Tout. » Le Premier Ministre méprise les manifestants, - qu’il tient pour de la racaille (alors que le rapport casseur /manifestant pacifique était de 1% hier soir) Hélas, les médias relais tel que LCI, en se taisant sur l’atteinte flagrante à la démocratie du gouvernement actuel en Hongrie, ne font que conforter un usurpateur du pouvoir dans ses pratiques peu scrupuleuses.

  • Juliette, le 20/09/2006 à 09h56

    Bonjour, je voudrais à travers ces quelques lignes vous donner quelques remarques/impressions de mon séjours avec avec mon Père (Hongrois) et mon ami. Nous sommes restés 2 semaines en août à Budapest chez des amis. Nous étions stupéfaits de remarquer que TOUTES les personnes (commerçants, restaurateur, retraités, amis, etc...)que nous avons concontrées se disaient consternées/accablées moralement et financièrement par le gouvernement. Nous avions un peu de mal à y croire !!! c'était trop "gros" - mais lorsqu'on nous rapporte que le chef du gouvernement Hongrois dit qu'"il y a trop de Hongrois à Budapest" ! qu'"il faudrait descendre ce chiffre" !!! ça veut dire quoi ? Personnellement, je ne sais pas ce qu'il se passe en Hongie - mais je pense que cela dépasse les frontières de ce pays où des gens peu scrupuleux souhaite mettre en place un projet qui n'est pas destiné à améliorer la vie des Hongrois !

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