Une Française bientôt adjointe d'un maire belge?

Par Propos recueillis par Stéphanie Morbois, le 29 septembre 2006 à 11h36 , mis à jour le 07 octobre 2006 à 14h06

Depuis 2006, en Belgique, les expatriés peuvent briguer des mandats d'adjoints municipaux. Une candidate socialiste a expliqué ses motivations à LCI.fr.

Drapeau de la BelgiqueDrapeau de la Belgique © TF1/LCI

LCI.fr : Céline Canu vous êtes française, originaire de Granville, et vous êtes installée dans la commune de Saint-Gilles, près de Bruxelles, depuis deux ans. Pourquoi vous présentez-vous aux élections communales ce dimanche ?

Céline Canu, candidate socialiste : Je me présente pour deux raisons : en tant que citoyenne de Saint-Gilles et en tant qu'expatriée. Saint-Gilles compte 44.000 habitants parmi lesquels 4500 Français dont seulement 450 sont inscrits sur les listes électorales. Je veux sensibiliser tous les expatriés au fait qu'ils peuvent voter mais aussi se présenter. De plus, quand un étranger arrive en Belgique, c'est très dur. Il ne connaît ni les règles, ni les lois et se sent perdu. Le mal-être des expatriés existe vraiment, le manque de repères aussi. Je veux régler les problèmes d'intégration et faciliter les démarches administratives en  créant un welcome package.

LCI.FR : Avant 2006, les expatriés ne pouvaient qu'accéder à des postes de conseillers communaux. Désormais, ils peuvent devenir échevins, c'est-à-dire adjoints au maire. L'intégration européenne, ça marche ? 

C.C. : Oui. Il suffit de prendre un exemple. Aux élections de 2000, certains expatriés ont obtenu plus de voix que des candidats belges. Je pense que les étrangers qui vivent au quotidien la vie de la commune sont plus à même de comprendre les problèmes de personnes dans la même situation qu'eux. Cela permet aussi d'éviter les extrémismes. Les candidats expatriés doivent jouer un rôle de médiation, de porte-parole. Autour de moi, les avis divergent mais je pense que les mentalités sont prêtes à accueillir des expatriés au sein de la vie politique de leur commune. 

LCI.fr : Quelles différences avez-vous remarquées entre les campagnes électorales menées en Belgique et celles que vous avez connues en France ? C.C. : J'ai l'impression que les médias relaient beaucoup plus l'évènement, notamment à Bruxelles où la chaîne de télévision locale se rend tous les jours dans une commune pour recueillir des témoignages de candidats et d'habitants. Je remarque aussi plus de manifestations physiques. Trois à quatre fois par semaine, les candidats se déplacent sur les marchés, dans des fêtes de quartier ou des brocantes. J'ai l'impression qu'ils sont à l'écoute et plus souvent sur le terrain qu'en France. C'est vraiment une campagne de proximité. En revanche, il y a moins d'affiches placardées !

Les espoirs du parti musulman d'Anderlecht

Le Parti des Jeunes Musulmans (PJM) espère décrocher ses premiers élus locaux à Anderlecht, une commune de l'agglomération bruxelloise, lors des élections municipales. Fondé à Bruxelles par Jean-François "Abdullah" Bastin, un Belge de 62 ans converti à l'islam dans les années 1970, le PJM prône le respect absolu par les autorités des "exigences de la population musulmane", et notamment du foulard. S'il reproduit le 8 octobre un score similaire aux 3% qu'il avait réalisés à Anderlecht lors des élections régionales de 2004, le PJM devrait être en mesure de faire élire un ou deux de ses candidats au conseil municipal.

Par Propos recueillis par Stéphanie Morbois le 29 septembre 2006 à 11:36
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