Des affiches du NPD, pour la campagne régionale de septembre 2006. © TF1/LCI Des affiches du NPD, pour la campagne régionale de septembre 2006.Victoire du SPD, défaite de la CDU d'Angela Merkel : tel est le bilan des élections régionales qui ont eu lieu dimanche à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie occidentale. Mais outre ce résultat entre les deux grands partis, l'autre enseignement est la nouvelle percée de l'extrême droite.
Conformément aux sondages, le parti national-démocratique (NPD) a en effet obtenu près de 7% des suffrages en "Meck-Pom" (contre 9,2% en Saxe en 2004), dépassant le seuil des 5% nécessaire pour être représenté au parlement de Schwerin. Il devrait obtenir cinq députés. La tête de liste, Udo Pastörs, a immédiatement promis sur le une "politique d'opposition dure", affirmant que "cela serait captivant". Accusant la coalition régionale social-démocrate/néo-communiste d'être responsable de la suppression de "100.000 emplois", il a promis "une politique d'opposition, pas de protestation".
Agressivité
Pour la première fois, le parti a ainsi réussi à avoir des candidats dans chaque circonscription, avec une campagne d'affichage très visible et même un avion équipé d'une banderole "Votez NPD !". Il a surtout joué la carte de la lutte contre les réformes de l'Etat providence et le chômage, qui culmine dans cette région avec un taux record de 18,2%. Le parti, qui a accueilli de nombreux jeunes membres de "camaraderies" ouvertement néo-nazies, s'est surtout illustré pendant la campagne par une grande disposition à la violence. Ainsi des militants sociaux-démocrates et conservateurs ont rapporté avoir été à plusieurs reprises encerclés autour de leurs stands par des néo-nazis proférant des menaces. Certains affirment avoir été battus.
Le spécialiste de l'extrême droite Eckhard Jesse estime que le NDP aura néanmoins le plus grand mal à rester soudé au parlement régional. "Il y a beaucoup de gens imprévisibles. Je m'attends à de grands problèmes internes, avec une opposition entre les anti-démocrates qui veulent le montrer et ceux qui ne veulent pas le montrer", souligne ce professeur de l'Université de Chemnitz. Pour Toraf Staud, expert du NPD, "ce qui est nouveau c'est la confiance personnelle avec laquelle les extrémistes se présentent. Ils pressentent la venue de jours meilleurs, ils croient dur comme fer avoir le vent en poupe. De nombreux sympathisants apportent avec eux une grande disposition à la violence. Ils proviennent en partie du milieu des petits criminels, ont déjà été condamnés", relève-t-il.
D'après AFP
(photo TF1/LCI : affiches de campgagne du NPD)
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