Sommet tripartite Chirac/Merkel/Poutine à Compiègne, le 23 septembre 2006 © TF1/LCILes rencontres tripartites France-Russie-Allemagne, comme celle organisée samedi à Compiègne, dans l'Oise, ne sont dirigées contre personne et notamment pas contre les Etats-Unis, ont assuré Jacques Chirac et Angela Merkel. La réunion de Compiègne constitue "un signe fort à l'égard de l'Union européenne qui entend se développer dans son contexte et s'élargit, et entend avoir d'excellentes relations avec la Russie. Ce n'est dirigé contre personne", a indiqué le président français lors d'une conférence de presse. "C'est évident", a-t-il insisté. "Ces rencontres existent depuis 1998" et "elles ne sont dirigées contre personne", a renchéri la chancelière allemande.
Vladimir Poutine a assuré au cours de cette conférence de presse que la Russie remplirait toutes ses obligations vis-à-vis de l'Union européenne en matière d'approvisionnement énergétique. Il a rappelé qu'Angela Merkel lui avait déjà demandé si la Russie pouvait réorienter ses approvisionnements énergétiques vers l'Europe occidentale. "Il serait tout à fait possible de réorienter certains flux vers l'Europe", a assuré le président russe, en précisant que le géant russe "Gazprom réfléchit à cette possibilité". "J'espère que des décisions seront prises", a-t-il ajouté. Il a précisé que le gisement de gaz de Chtokman, dans le Nord, "avec une réserve de 25 à 45 milliards de m3", garantissait "50 à 70 ans" de fourniture à l'Europe. "Cela crée une situation stable et fiable dans le domaine de l'énergie européenne et en particulier pour l'Allemagne", a-t-il ajouté.
Contingent russe au Liban
Vladimir Poutine a également déclaré que les accords franco-russes signés vendredi dans les domaines du transport et de l'aéronautique se montent à plus de 10 milliards de dollars. Pour Moscou, "est prioritaire la coopération (avec Paris et Berlin) en matière d'industrie, d'énergie", a indiqué le président russe. "La Russie est intéressée par des relations extrêmement fortes en matière de technologies très avancées, aviation, espace, création d'infrastructures modernes. Nous avons parlé de l'espace et d'aéronautique dans le cadre de projets concrets", a expliqué Vladimir Poutine. Un accord de "coopération générale" entre les ministères français et russe de l'Equipement, ainsi qu'un protocole d'accord entre la Russie et le groupe de BTP français Vinci pour la construction d'une autoroute reliant la capitale russe Moscou à Saint-Petersbourg ont été signés vendredi à l'Elysée.
Vladimir Poutine a également assuré que l'entrée de la Russie dans le groupe aéronautique franco-allemand EADS n'était pas "le signe d'une conduite agressive de la part des parties russes". Il a en outre annoncé la création d'un groupe de travail tripartite franco-germano-russe sur cette participation. "Nous avons parlé en détails de la prise de participation (russe) de 5% dans EADS", a indiqué le président russe, en soulignant son "intérêt pour une coopération économique soutenue avec la France et l'Allemagne en matière aéronautique et spatiale".
Au cours de cette conférence de presse, la Russie a aussi déclaré son intention d'envoyer un contingent du génie au Liban, mais pas dans le cadre de la Finul. Le président russe a d'ailleurs précisé qu'il ne le fera qu'avec l'accord de toutes les parties.
D'après agence
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