Nicolas Sarkozy à Madrid pour une réunion de ministres du sud de l'UE sur le contrôle de l'immigration © TF1/LCINicolas Sarkozy a éclipsé vendredi une réunion de ministres du sud de l'Union européenne sur le contrôle de l'immigration aux frontières maritimes, proposant d'interdire les régularisations massives, offre "bien acceptée" selon Madrid. Le ministre français de l'Intérieur a insisté sur l'importance des expulsions des étrangers en situation irrégulière en Europe. "Quand un pays régularise, il régularise pour lui mais aussi pour tous les autres pays de l'espace (européen de libre circulation) Schengen. Quand quelqu'un est régularisé en Espagne, il a le droit de rentrer en France", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse en marge de la réunion.
Selon des sources diplomatiques, Nicolas Sarkozy a défendu à huis clos son projet dans un discours à "tonalité très politique" devant ses collègues de l'Intérieur et des Affaires étrangères de huit pays de la rive sud de l'UE réunis à Madrid : France, Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Malte, Chypre, Slovénie.
Vers un Réseau européen de patrouilles côtières
Nicolas Sarkozy avait déclenché début septembre une polémique avec Madrid en accusant le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero d'avoir suscité l'actuel afflux sans précédent d'émigrants aux îles Canaries, en régularisant en 2005 quelque 600.000 sans-papiers, sans consulter ses partenaires européens. Il s'est défendu vendredi d'avoir voulu sermonner l'Espagne, expliquant tirer sa conviction de "l'expérience" de la régularisation de 80.000 immigrants en France en 1997, qui s'était traduite par une explosion des demandes d'asile.
S'il a admis qu'il est impossible d'expulser les 7 à 12 millions d'étrangers illégaux qui résident dans l'UE ("Ceux qui sont arrêtés seront reconduits. Pour les autres, la situation peut évoluer : ils peuvent se marier, avoir un enfant qui naît sur le territoire et il y en a, bien sûr, qui vont rester dans l'illégalité"), il en a appelé au "pragmatisme", soulignant que les préfets français ont en matière de régularisation la consigne de décider au cas par cas. Nicolas Sarkozy a toutefois insisté sur la nécessité d'intensifier les mesures d'expulsions de clandestins, "meilleur signal que nous pouvons envoyer aux mafias et aux réseaux criminels qui exploitent les pauvres gens".
Les ministre réunis à Madrid ont élaboré un projet de "modèle de gestion de l'immigration aux frontières maritimes sud de l'UE" qui sera soumis au prochain sommet européen informel du 20 octobre à Lahti (Finlande). Ils ont notamment prôné la mise en place d'un Réseau européen de patrouilles côtières, agissant "au plus près des côtes africaines". Pour Madrid, cette réunion a servi à mettre en avant les arguments du bloc sud de l'UE pour que soient affectés aux contrôles des frontières méridionales une part substantielle des 1,8 milliard d'euros alloués sur 2007-2013 au nouveau Fonds européen pour le contrôle des frontières extérieures.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




