Les habitants de Moscou rendant un dernier hommage à la journaliste russe assassinée Anna Politkovskaïa © TF1/LCILes Moscovites ont rendu un dernier hommage mardi à Anna Politkovskaïa en déposant des fleurs devant son cercueil, dans un cimetière de la capitale, trois jours après son assassinat. La journaliste russe devait ensuite être inhumée dans le cimetière Troïekourovskoe, dans l'ouest de Moscou, et des cérémonies sont également prévues à Saint-Pétersbourg, Ekatérinbourg, dans l'Oural, et Kiev.
Des messages de condoléances continuaient mardi de parvenir à la rédaction du bi-hebdomadaire d'opposition Novaïa Gazeta pour lequel elle travaillait depuis 1999. Avant les funérailles, l'Union russe des journalistes a demandé dans une lettre ouverte au président Vladimir Poutine qu'il s'implique personnellement dans l'enquête pour retrouver et traduire en justice les commanditaires et les exécutants de l'assassinat. Mais deux jours après le meurtre, le président russe Vladimir Poutine a rompu à grand-peine son silence pour évoquer la "mort tragique" de la journaliste et promettre une "enquête objective". Ces propos ont été tenus lundi, loin des caméras, lors d'un entretien téléphonique avec George W. Bush, et rapportés dans un communiqué laconique du Kremlin.
"Un coup dur pour la liberté de la presse"
Mardi, à Dresde, à l'occasion d'une rencontre avec la chancelière Angela Merkel, Vladimir Poutine a finalement exprimé son indignation. Il a qualifié l'assassinat d'Anna Politkovskaïa d'acte "affreux" et "inacceptable". Ce crime "contre une femme et une mère" ne "doit pas rester impuni", a-t-il ajouté, tout en estimant que l'influence de la journaliste, très critique à l'égard du Kremlin, "était insignifiante" pour la vie politique russe.
Lundi, le Premier ministre Tony Blair a condamné un "crime terrible" et demandé une "enquête approfondie". Jacques Chirac, "profondément ému et choqué", a souhaité "que toute la lumière soit faite sur ce crime odieux". L'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, co-propriétaire de Novaïa Gazeta, a dénoncé un meurtre politique. "Il est clair qu'on a voulu la faire taire (...) C'est un coup dur pour la liberté de la presse et pour qui se bat pour la démocratie dans notre pays", a-t-il dit.
(D'après agence)
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