Le boeing 737 de la Turkish Arlines détourné par deux pirates de l'air sur l'aéroport de Brindisi, le 3 octobre 2006 © TF1/LCIUn déserteur turc risquant l'arrestation à son arrivée en Turquie serait l'unique auteur du détournement mardi d'un avion de la Turkish airlines vers l'Italie, a déclaré le gouverneur d'Istanbul, Muammer Güler. Celui-ci s'exprimait sur la chaîne d'information CNN-Türk après le dénouement du détournement à l'aéroport italien de Brindisi. Il a affirmé que le dénommé Hakan Ekinci, âgé de 28 ans, avait apparemment agi seul, tout en faisant croire aux pilotes qu'il avait des complices à bord. "Les autorités italiennes enquêtent sur une éventuelle complicité", a-t-il ajouté. Le directeur général de Turkish Airlines, Temel Kotil, a également mentionné Ekinci comme étant le seul pirate de l'air.
Le gouverneur a indiqué qu'Ekinci - un Turc converti de l'islam au christianisme et un objecteur de conscience, selon les médias - n'avait pas regagné sa caserne à Istanbul après une permission d'une journée en mai et avait fui en Albanie, où il a déposé sans résultat une demande d'asile politique. L'ambassade de Turquie à Tirana a informé plus tôt dans la journée les autorités du retour forcé d'Ekinci à bord de l'avion qu'il a finalement détourné avant qu'il n'atteigne Istanbul. "Nous l'aurions arrêté à l'aéroport et livré aux autorités militaires", a expliqué Muammer Güler. Le fonctionnaire a confirmé qu'Ekinci avait écrit fin août au pape Benoît XVI pour lui demander de l'aider à échapper au service militaire. "Nous enquêtons sur la question", a-t-il ajouté.
Dérouter l'appareil sur Rome
Le ministre des Transports, Binali Yildirim, avait démenti déjà démenti les informations initiales selon lesquelles Ekinci et un second Turc agissant de concert avec lui auraient pris le contrôle de l'avion pour protester contre une visite prévue du pontife en Turquie fin novembre. "L'information concernant le pape n'a pas été confirmée (...) Selon les informations que nous venons juste de recevoir, ces personnes veulent obtenir l'asile politique et l'ont dit à la police" italienne, a déclaré le ministre à la chaîne de télévision NTV. "Cher Pape, je suis un chrétien et je ne veux pas servir dans une armée musulmane", a écrit Ekinci au pape, a rapporté NTV.
Il a également indiqué dans sa lettre qu'il vivait dans un camp administré par l'ONU "dans un pays qui a des relations amicales avec la Turquie" - apparemment l'Albanie - et qu'il craignait d'être extradé vers la Turquie. Muammer Güler a affirmé que le pirate de l'air était entré dans le cockpit environ 20 minutes après le décollage de l'avion et qu'il avait menacé les pilotes avec un paquet contenant selon ses dires une bombe, a rapporté l'agence de presse Anatolie. Il a demandé à dérouter l'appareil sur Rome, mais s'est vu répondre que le carburant n'était pas suffisant. Güler a précisé qu'Ekinci n'avait pas de lien connu avec une quelconque organisation terroriste.
Benoît XVI attendu en Turquie
Le Boeing, détourné dans l'espace aérien grec, reliait la capitale albanaise, Tirana, à Istanbul. Il avait été intercepté par deux avions de chasse F16 italiens qui l'avaient contraint à atterrir à Brindisi, dans le Sud de l'Italie. Il transportait 107 passagers et six membres d'équipage.
Dans un premier temps, des sources proches de la police citées par la télévision turque, ont affirmé que ce détournement visait à protester contre la prochaine visite controversée de Benoît XVI en Turquie. Les autorités aéroportuaires italiennes avaient confirmé que les pirates de l'air souhaitaient faire parvenir un message au pape par l'intermédiaire des responsables transalpins. Benoît XVI est attendu en Turquie du 28 novembre au 1er décembre.
D'après agences
Retour MYTF1
Chargement en cours...




