Un bureau de vote en Belgique, lors des municipales du 8 octobre 2006 © TF1/LCIL'extrême droite flamande a marqué de nouveaux points lors des élections municipales belges de dimanche, mais a perdu son pari de s'emparer de la mairie d'Anvers, où pour la première fois depuis 20 ans elle a même légèrement perdu du terrain. Le parti Vlaams Belang ("L'Intérêt flamand") a remporté 32,77% des suffrages dans la deuxième ville de Belgique, un score en très légère baisse par rapport aux 33% qu'il avait récoltés en 2000, selon des résultats portant sur 94% des suffrages communiqués dimanche soir.
Le parti socialiste flamand SPA dépasse le Vlaams Belang - jusque là premier parti d'Anvers - avec 35,7% des suffrages, en très forte progression sur les 20% qu'il avait obtenus en 2000. Le maire Patrick Janssens remporte aussi une victoire personnelle, en devançant largement son rival d'extrême droite Filip Dewinter sur les suffrages dits de "préférence personnelle". Cette particularité des scrutins municipaux belges permet aux électeurs de choisir non seulement un parti mais aussi une personne précise sur la liste de ce parti.
Le "cordon sanitaire" a tenu
C'est la première fois depuis plus de 20 ans que le Vlaams Belang n'effectue pas de percée électorale. Partie de 1% des voix en 1981, cette formation condamnée en 2004 pour racisme et qui prône l'indépendance de la Flandre avait depuis progressé à chaque élection. Les sondages lui avaient accordé 34 à 38% des suffrages. Même si un éditorialiste du journal flamand De Standaard, Guido Fonteyn, estimait dimanche soir que "c'est la fin du Vlaams Belang", le parti nationaliste flamand se maintient toutefois très proche des 33% à Anvers, et surtout progresse dans de nombreuses petites communes, de 6 à 8% en moyenne.
Ainsi, à Schoten, une banlieue cossue d'Anvers, l'extrême droite est arrivée en tête avec 34,7% des voix. C'est dix points de plus qu'en 2000, mais moins que les 40% qu'elle espérait atteindre. Mais à Schoten comme ailleurs, l'extrême droite ne semblait pas en mesure dimanche soir de briser le "cordon sanitaire" qu'ont constitué ces dernières années les partis traditionnels pour lui faire obstacle. "On peut dire qu'il a raté l'objectif qu'il s'était lui-même fixé, à savoir entrer pour la première fois dans des coalitions communales", a estimé l'éditorialiste Fonteyn, sur la chaîne publique RTBF.
L'autre vainqueur du scrutin en Flandre semblait être le parti chrétien-démocrate CDV du ministre-président flamand Yves Leterme. Alors que le parti du Premier ministre Guy Verhofstadt semblait lui subir une défaite annoncée par les sondages, Yves Leterme semblait donc s'affirmer comme l'homme fort de la Flandre dans la perspective des élections législatives programmées en mai ou juin 2007.
D'après agence
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