© AFP/F.Leong"Etes-vous d'accord avec la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse si elle est réalisée, à la demande de la femme, dans les dix premières semaines de grossesse, dans un établissement de santé légalement autorisé ?" Voici la question qui sera soumise prochainement aux Portugais. Le Parlement a en effet donné jeudi son feu vert à l'organisation d'un référendum sur la légalisation de l'avortement. Le vote pourrait être organisé en janvier prochain, mais il doit d'abord être approuvé par le président Anibal Cavaco Silva, un conservateur. Un "oui" mettrait fin à une des législations les plus restrictives en ce domaine en Europe, mais dans ce pays à très forte tradition catholique, son résultat demeure incertain.
Dans un nouveau sondage publié vendredi par le quotidien Publico, près de 53% des Portugais répondraient "oui" au référendum, tandis que 21% voteraient "non". Selon cette étude de l'Université catholique, 10% ne se "prononcent pas" et 16% affirment qu'ils ne voteront pas. Les partisans de la dépénalisation sont 50% chez les femmes, 65% chez les électeurs du Parti socialiste et 49% chez ceux qui se disent "très ou raisonnablement religieux". Le pourcentage des sondés répondant oui se réduit considérablement quand ils sont confrontés à des situations concrètes. Ils sont 34% à être favorables à l'avortement pour des raisons économiques et sociales et 29% sur simple demande de la femme.
"Un Portugal rétrograde et inhumain"
Le quotidien souligne que par rapport à un précédent sondage réalisé il y a deux ans, le pourcentage des partisans du "oui" a baissé, passant de 69%, en 2004, à 53%, en 2006. Seul 17% des sondés se prononcent pour une libéralisation totale de l'IVG.
Lors de la campagne pour les élections législatives de février 2005, les socialistes aujourd'hui au pouvoir avaient promis la tenue d'un nouveau référendum sur ce dossier. "Notre législation actuelle nous isole du reste de l'Europe et donne l'image d'un Portugal rétrograde et inhumain", a déclaré jeudi le président du groupe socialiste au Parlement, Alberto Martins. Les démocrates-chrétiens ont déjà fait savoir qu'ils feraient campagne contre cette réforme "au nom du droit à la vie".
L'IVG n'est actuellement autorisée au Portugal qu'en cas de danger pour la vie de la mère, de malformation congénitale du foetus et de viol, ou, dans certains délais, de risques pour sa santé physique ou psychique. Les femmes reconnues coupables d'avoir avorté clandestinement encourent des peines de prison pouvant aller jusqu'à trois ans. Selon le Planning familial, il y a entre 20.000 et 40.000 avortements clandestins chaque année dans le pays.
D'après agences
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