Le Royaume-Uni restreint le travail des Bulgares et Roumains

Par Diane HEURTAUT (avec agence), le 24 octobre 2006 à 16h26 , mis à jour le 24 octobre 2006 à 17h47

Pour la première fois, il impose des quotas pour les moins qualifiés qui ne pourront d'abord travailler que dans l'agroalimentaire.

[Expiré] [Expiré] ue drapeaux uniquement pour les forums © AFP

En 2004, le Royaume-Uni avait été le seul pays, avec l'Irlande et la Suède, à ne pas imposer de restrictions temporaire à l'arrivée des travailleurs ressortissants des nouveaux pays de l'UE. Cette fois, le Royaume-Uni est le premier pays à annoncer des limitations (qu'elle promet de réviser au bout d'un an) envers les Bulgares et les Roumains au 1er janvier 2007, date d'entrée de leurs pays d'origine dans l'Union européenne. L'Irlande devrait en faire autant.

John Reid, le ministre britannique de l'Intérieur, a annoncé mardi que son pays allait, dans un premier temps, limiter l'entrée des travailleurs bulgares et roumains aux seuls secteurs de l'agriculture et de l'alimentaire industriel. Leur nombre sera en outre "strictement" limité à 20.000 par an. Et ils ne pourront travailler que pour une période de 6 mois, et ce sans aides ni accès aux logements sociaux. Pour les autres (travailleurs qualifiés), ils ne pourront obtenir un permis de travail que pour des "emplois spécifiques" non pourvus par des Britanniques (l'an dernier, ils avaient été 1740 dans ce cas).

La Bulgarie pourrait riposter

Alors que le chômage a légèrement augmenté ces derniers mois au Royaume-Uni et qu'une récente étude a montré que les immigrants prenaient volontiers ses emplois boudés par les Britanniques (construction, ménage...), ces dispositions marquent un tournant dans la politique britannique par rapport à celle du dernier élargissement en 2004. Une étude publiée cette année par l'Institute of Public Policy a estimé à respectivement 41.000 et 15.000 le nombre de Roumains et Bulgares souhaitant travailler au Royaume-Uni.

Bruxelles et Bucarest ont aussitôt "regretté" ces nouvelles restrictions. "Cette décision est malheureuse surtout pour la Grande-Bretagne, car elle cultive la crainte et les réticences des Britanniques liées à l'UE et encourage leur méfiance à l'égard des valeurs européennes", a ainsi estimé le Premier ministre roumain, tandis que d'autres prédisent une augmentation du travail au noir. De son côté, la Bulgarie a annoncé qu'elle envisageait de riposter par des mesures analogues. La Pologne, la Finlande, la Slovaquie, l'Estonie et la Lettonie ont d'ores et déjà officiellement annoncé qu'elles comptaient ouvrir sans restriction leur marché du travail aux travailleurs roumains et bulgares dès l'adhésion des deux pays le 1er janvier 2007. D'autres pourraient suivre cette voie, comme la Suède et la République tchèque.

Toujours des restrictions après l'élargissement de 2004

Les Etats membres de l'UE ont le droit d'imposer des restrictions à la libre circulation des travailleurs pour certaines raisons. Et en 2004, la réglementation européenne avait prévu que l'élargissement de l'UE serait suivi par une période transitoire de sept ans maximum au cours de laquelle le droit communautaire régissant la libre circulation des travailleurs ne serait pas encore totalement applicable dans l'ensemble de l'Union élargie.

L'Espagne, le Portugal, la Finlande et la Grèce ont levé leurs restrictions en mai dernier. Quant à la France, elle a décidé, comme la Belgique et le Luxembourg, de les assouplir dans les secteurs où les besoins de main d'oeuvre sont forts.

Par Diane HEURTAUT (avec agence) le 24 octobre 2006 à 16:26
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8 Commentaires

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  • Adriana, le 26/10/2006 à 18h41

    Personne n'a dit rien quand les grosses entreprises comme Renault, Societe Generale, Barclays, Mittal Steel etc... se sont implanté en Roumanie. La meme chose quand des business-men francais, anglais, italians ont ouvert facilement à leur tour, des petites entreprises la-bas. Tout ca veut dire qu'il y a eu moins des chances pour les futurs patrons roumains de commencer une affaire et reussir. Mais apparement ça arrange tout le monde. Travailler ensemble c'est un objectif important de l'Europe unie. Mes chers amis francais, ne vous inquietez pas, les roumains n'ont plus besoin des visas depuis Janvier 2002. Il n'y a pas eu d'explosion d'immigrés depuis. La Roumanie a le droit d'entrer dans l'Union Europee apres des annees communistes qui l'ont tenu enfermé. Le peuple roumain est pret a faire face et s'unir avec l'Europe car depuis 1989 il a travaillé beaucoup et il n'a regardé que à l'ouest. A travers son histoire et sa culture la Roumanie s'est montré comme un vrais pays europeen et meme si il n'est pas un pays francophone, elle est latine et elle s'appelle toujours la petite soeur de la France. Du travail il y a pour tout le monde, il faut vouloir le faire! Merci à l'equipe de LCI de me publier.

  • Eux ils ont le courage..., le 26/10/2006 à 17h36

    "Et ils ne pourront travailler que pour une période de 6 mois, et ce sans aides ni accès aux logements sociaux". Si seulement nous en avions le courage, nécessaire, en France...

  • Tastet, le 25/10/2006 à 19h47

    Les Anglais qui se disent "sociaux"...critiquent l'attitude des autres pays en matière d'immigration mais prennent des résolutions ...résolument protectionistes et...ils ont raison! Nous devrions faire de même, la stabilité sociale de notre pays en découle. Le travail doit être la première raison d'immigrer, nous ne puvons plus supporter les abus de tout genre et devons protéger l'emploi de nos enfants...

  • Pierre GRAND, le 25/10/2006 à 18h32

    Comme quoi l'Angleterre ne se gêne pas elle aussi pour faire bande à part. Ils peuvent l'ouvrir aprés pour la Constitution. De toute manière faut les informer que les roumains et bulgares ne viennent pas pour bosser, mdr...

  • Alain, le 25/10/2006 à 10h14

    Si même les inconditionnels du libre marché et de la concurrence s'y mettent, ça veut dire qu'on avait pas tout à fait tort en exprimant nos craintes sur l'augmentation du chomage ! Et devinez qui veut est contre ces limites : la commission de Bruxelles qui évidemment s'en fout de mettre des gens qu chomedu pourvu que les gros fassent encore plus de bénef ! On a vraiment bien fait de leur dire non !

  • Thomas, le 24/10/2006 à 19h08

    Une précision : il y a 4 ans, le Home Office britannique avait estimé à 50 000 le nombre de travailleurs polonais souhaitant venir en Grande-Bretagne. Donc, le gouvernement britannique avait accordé toute liberté aux ressortissants des nouveaux membres de l'EU pour venir travailler en Angleterre. En 2006, les estimations sont de 5 à 600 000 travailleurs polonais résidents en Grande-Bretagne, soit 10 fois plus. C'est ce qui a motivé la Grande-Bretagne a annoncer des restrictions pour les nouveaux arrivants.

  • Bon, le 24/10/2006 à 17h35

    L'elargissement de l'europe a ces 2 pays alors que le referundum avait deja demontré le decalage entre les politiques et les citoyens n'a fait que renforcer la mefiance et affaiblir l'europe ! Schengen va tout simplment permettre une arrivé massive de roumains et bulgards dans notre pays !

  • Michel, le 24/10/2006 à 17h09

    Des Bulgares et des Roumains cantonnés dans l'agro-alimentaire britannique! Voilà une mesure qui ne va pas améliorer la cuisine anglaise!

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