© AFPEn 2004, le Royaume-Uni avait été le seul pays, avec l'Irlande et la Suède, à ne pas imposer de restrictions temporaire à l'arrivée des travailleurs ressortissants des nouveaux pays de l'UE. Cette fois, le Royaume-Uni est le premier pays à annoncer des limitations (qu'elle promet de réviser au bout d'un an) envers les Bulgares et les Roumains au 1er janvier 2007, date d'entrée de leurs pays d'origine dans l'Union européenne. L'Irlande devrait en faire autant.
John Reid, le ministre britannique de l'Intérieur, a annoncé mardi que son pays allait, dans un premier temps, limiter l'entrée des travailleurs bulgares et roumains aux seuls secteurs de l'agriculture et de l'alimentaire industriel. Leur nombre sera en outre "strictement" limité à 20.000 par an. Et ils ne pourront travailler que pour une période de 6 mois, et ce sans aides ni accès aux logements sociaux. Pour les autres (travailleurs qualifiés), ils ne pourront obtenir un permis de travail que pour des "emplois spécifiques" non pourvus par des Britanniques (l'an dernier, ils avaient été 1740 dans ce cas).
La Bulgarie pourrait riposter
Alors que le chômage a légèrement augmenté ces derniers mois au Royaume-Uni et qu'une récente étude a montré que les immigrants prenaient volontiers ses emplois boudés par les Britanniques (construction, ménage...), ces dispositions marquent un tournant dans la politique britannique par rapport à celle du dernier élargissement en 2004. Une étude publiée cette année par l'Institute of Public Policy a estimé à respectivement 41.000 et 15.000 le nombre de Roumains et Bulgares souhaitant travailler au Royaume-Uni.
Bruxelles et Bucarest ont aussitôt "regretté" ces nouvelles restrictions. "Cette décision est malheureuse surtout pour la Grande-Bretagne, car elle cultive la crainte et les réticences des Britanniques liées à l'UE et encourage leur méfiance à l'égard des valeurs européennes", a ainsi estimé le Premier ministre roumain, tandis que d'autres prédisent une augmentation du travail au noir. De son côté, la Bulgarie a annoncé qu'elle envisageait de riposter par des mesures analogues. La Pologne, la Finlande, la Slovaquie, l'Estonie et la Lettonie ont d'ores et déjà officiellement annoncé qu'elles comptaient ouvrir sans restriction leur marché du travail aux travailleurs roumains et bulgares dès l'adhésion des deux pays le 1er janvier 2007. D'autres pourraient suivre cette voie, comme la Suède et la République tchèque.
Toujours des restrictions après l'élargissement de 2004
Les Etats membres de l'UE ont le droit d'imposer des restrictions à la libre circulation des travailleurs pour certaines raisons. Et en 2004, la réglementation européenne avait prévu que l'élargissement de l'UE serait suivi par une période transitoire de sept ans maximum au cours de laquelle le droit communautaire régissant la libre circulation des travailleurs ne serait pas encore totalement applicable dans l'ensemble de l'Union élargie.
L'Espagne, le Portugal, la Finlande et la Grèce ont levé leurs restrictions en mai dernier. Quant à la France, elle a décidé, comme la Belgique et le Luxembourg, de les assouplir dans les secteurs où les besoins de main d'oeuvre sont forts.
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