Vladimir Poutine, en 2003 lors d'une visite à Paris © TF1-LCI - AFP/C.PlatiauC'est la crise ouverte. Le ministère des Transports et la Poste russes ont annoncé lundi que avoir suspendu toutes les liaisons avec la Géorgie : aériennes, terrestres, maritimes et postales. Aeroflot doit ainsi arrêter ses vols mardi à compter de 14h heure française tandis "à cause des dettes des compagnies aériennes géorgiennes envers la Russie". La décision de bloquer les services de courrier et de virements postaux (car le courrier "ne correspond pas aux exigences de sécurité") touche de nombreux Géorgiens vivant en Russie et qui envoient régulièrement de l'argent vers leur pays.
Cette sorte de blocus qui durera "jusqu'à l'éclaircissement de la situation (...) jusqu'à ce que la partie géorgienne prenne des mesures satisfaisantes " a indiqué la Poste russe. La "situation", c'est une grave crise entre les deux pays déclenchée par l'arrestation mercredi en Géorgie de quatre officiers russes pour "espionnage" et "implication" dans l'organisation d'un attentat à Gori, en 2005 qui avait fait 5 morts. Ces quatre "espions" ont été remis ce lundi à l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et renvoyés de Tbilissi vers Moscou. Le président de l'OSCE a appelé lundi la Russie à rétablir ses liaisons vers la Géorgie.
Les Etats-Unis implicitement critiqués
Avant de suspendre ses liaisons avec la Géorgie, Moscou a déjà évacué dès jeudi son ambassade à Tbilissi, à l'exception de deux diplomates et du personnel de sécurité. Le président russe, Vladimir Poutine, a qualifié dimanche de "terrorisme d'Etat avec prise d'otages" l'arrestation des quatre officiers et s'en est pris "aux sponsors étrangers" de la direction géorgienne, dans une allusion claire aux Etats-Unis.
Le président américain a d'ailleurs téléphoné lundi à Vladimir Poutine à ce propos, a rapporté l'agence russe Interfax. Lors de cet entretien, le président russe a mis en garde son George W. Bush contre toute "action de pays tiers" qui pourrait encourager Tbilissi dans sa "politique destructrice".
Les relations entre Moscou et Tbilissi n'ont pas cessé de se détériorer depuis l'arrivée au pouvoir en janvier 2004 du pro-occidental, Mikheïl Saakachvili, qui souhaite une adhésion rapide de son pays à l'Otan et le retour sous le contrôle de Tbilissi des deux régions séparatistes pro-russes de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, où des militaires russes sont déployés depuis les années 90 pour mettre fin aux conflits entre Tbilissi et ses provinces rebelles.
D'après agence
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