La lutte antimafia doit être "une priorité nationale"

le 19 novembre 2006 à 19h05 , mis à jour le 19 novembre 2006 à 19h34

Les états généraux de l'antimafia ont appelé dimanche le gouvernement à frapper plus durement les patrimoines et les nouvelles activités mafieuses.

[Expiré] [Expiré] mafia camorra naples © AFP/C.Hermann

Briser l'omerta et lancer un message fort aux "parrains". Les états généraux de l'antimafia ont appelé dimanche le gouvernement italien à faire de la lutte contre la criminalité organisée une "véritable priorité nationale", en frappant plus durement les patrimoines et les nouvelles activités mafieuses.

La manifestation, qui a réuni durant trois jours des représentants de la société civile, des forces de l'ordre, des magistrats et des élus, s'est conclue par la publication d'une série de propositions, qui sera remise lundi au Parlement. Les états généraux ont notamment demandé l'instauration d'une autorité indépendante pour lutter contre le recyclage des fonds illégaux et une meilleure application de la loi sur les marchés publics, de plus en plus infiltrés par les organisations criminelles.

Le manifeste réclame aussi un durcissement dans la confiscation des biens mafieux. Un millier de biens mobiliers ou immobiliers ont été confisqués en 2000, mais le chiffre est passé à 374 en 2004. "La classe politique doit prendre des engagements pour que la justice soit plus efficace", a demandé le procureur national antimafia, Piero Grasso.

Menaces répétées et escorte policière

Il a également réclamé une législation plus protectrice pour les témoins qui sont parfois "abandonnés à eux-mêmes". Selon le manifeste des états généraux, la lutte doit aussi concerner les nouveaux terrains d'action des mafias, comme le trafic des déchets industriels ou les produits dopants.

Lors de l'ouverture des états généraux vendredi, le chef du gouvernement italien Romano Prodi s'était engagé à accroître l'engagement de l'Etat contre les mafias, qui sévissent notamment dans la région de Naples (Camorra), en Sicile (Cosa Nostra) et en Calabre ('Ndrangheta).

La mafia napolitaine est revenue récemment sur le devant de la scène avec l'émotion suscitée par le cas de Roberto Saviano, un journaliste-écrivain de 28 ans à qui son premier livre, Gomorra (une plongée dans l'univers de la criminalité organisée) a valu des menaces répétées et l'attribution d'une escorte policière par les autorités.

D'après agence

le 19 novembre 2006 à 19:05
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