Alexandre Litvinenko, sur son lit d'hôpital à Londres.Le renseignement extérieur russe a démenti lundi toute implication dans l'apparent empoisonnement à Londres du transfuge des services spéciaux Alexandre Litvinenko. "Nous n'avons rien à voir avec ce qui est arrivé à Litvinenko. Les services secrets russes ne pratiquent plus depuis longtemps l'empoisonnement ou toute forme d'assassinat", a déclaré le porte-parole du renseignement extérieur (SVR), en charge de l'espionnage à l'étranger, Sergueï Ivanov. "Il faut chercher dans d'autres cercles" que ceux du pouvoir russe, a-t-il ajouté, se refusant à préciser ses insinuations. Il a assuré que ses services suivaient le dossier, à travers "ce qu'écrivent les médias russes et étrangers".
Alexandre Litvinenko, ex-lieutenant-colonel dans les services secrets russes du FSB (ex-KGB), s'est senti mal après avoir rencontré au début du mois un "contact" dans un restaurant japonais de Londres, a indiqué la BBC, qui affirme s'être entretenue avec lui la semaine dernière.
Il resssemble à un "fantôme"
Selon un médecin qui l'a examiné ce week-end, il n'y a "aucun doute" qu'il a été empoisonné au thallium, un poison "inodore et incolore qui ressemble un peu à du sel", confirmant ainsi les informations du Sunday Times, qui citait dimanche un rapport médical selon lequel l'ex-espion aurait été empoisonné par ce composant de la mort-aux-rats.
Pour le médecin, interrogé par la BBC, "il suffit d'un gramme" de thallium "pour tuer". Ce médecin a par ailleurs décrit la victime comme ressemblant "à un fantôme, qui a perdu tous ses cheveux et n'a pas mangé depuis 18 jours".
50% de chances de survie
Toujours dans un "état grave", selon ses médecins de l'University College Hospital, son état de santé s'est "légèrement" détérioré au cours du week-end, et il a été transféré dans une unité de soins intensifs dans la nuit de dimanche à lundi. Ses chances de survie ne seraient que de 50%. L'ex-espion a été placé sous surveillance policière à l'hôpital, et l'enquête est désormais menée par la direction antiterroriste SO15 de Scotland Yard, a annoncé la police lundi soir, qui denonce une "tentative délibérée d'empoisonnement". L'enquête cherche à en établir les causes, via des tests toxicologiques, l'interrogatoire de possibles témoins et l'examen des caméras de surveillance.
La presse britannique rapporte qu'il enquêtait sur le meurtre de la journaliste russe d'opposition Anna Politkovskaïa, 48 ans, tuée par balles dans l'entrée de son immeuble à Moscou le 7 octobre. Il avait reçu l'asile politique en Grande-Bretagne en 2001 après avoir déjoué un complot présumé du FSB contre l'oligarque russe Boris Berezovski, résidant également au Royaume-Uni.
(D'après agence)
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