Image de l'attentat du 30 décembre 2006 contre un aéroport de Madrid, revendiqué au nom de l'ETA © TF1/LCILe chef du gouvernement espagnol a annoncé samedi la suspension du processus de paix avec l'ETA, après l'attentat à la voiture piégée à l'aéroport de Madrid attribué à l'organisation indépendantiste. José Luis Rodriguez Zapatero a exprimé sa condamnation "la plus énergique" de cette action "totalement incompatible" avec le cessez-le-feu permanent décrété le 22 mars par l'organisation basque armée. "En conséquence, j'ai ordonné de suspendre toutes les initiatives liées au développement du dialogue" avec l'ETA, a-t-il annoncé en conférence de presse.
Il n'a toutefois pas explicitement dit renoncer définitivement à toute solution négociée avec l'ETA, tenue pour responsable de quelque 850 morts en 38 ans de campagne terroriste pour l'indépendance du Pays Basque. "La condition pour le dialogue était, et demeure, la volonté sans équivoque de l'ETA de renoncer à la violence", a-t-il insisté. Le chef du gouvernement a exprimé sa "peine", s'adressant aux familles des victimes de l'attentat, en particulier aux proches "des deux personnes qui ont pu perdre la vie".
Deux Equatoriens toujours recherchés dans les décombres
Le chef de l'opposition conservatrice, Mariano Rajoy, a exhorté le gouvernement à "mettre fin à tout contact avec l'organisation terroriste ETA et arrêter toute négociation avec ses membres". Arnaldo Otegi, le leader du parti basque Batasuna, bras politique interdit de l'ETA, a affirmé pour sa part que "le processus n'est pas rompu" et même "plus que jamais nécessaire". Il a estimé que le gouvernement Zapatero était le principal "responsable" des "blocages structurels" du processus de paix, pour n'avoir "pas fait le moindre geste en neuf mois" en faveur des indépendantistes. Quant au gouvernement autonome basque, dirigé par les nationalistes modérés, il a condamné l'attentat. Mais il "ne ne peut et ne veut pas considérer comme rompu" le processus de paix.
Selon le ministère de l'Intérieur, deux Equatoriens sont toujours portés disparus et recherchés dans les décombres du parking du terminal 4 de l'aéroport. Il pourrait s'agir des deux premières victimes mortelles de l'ETA depuis mai 2003. Son dernier attentat à l'explosif remontait au 9 mars. Selon les secours de la région de Madrid, 19 personnes ont été plus ou moins légèrement blessés par l'explosion, coupées par des bris de vitres ou souffrant de troubles auditifs. Selon la radio espagnole Cadena Ser, la fourgonnette piégée utilisée pour l'attentat a été volée au Pays Basque français à un jeune Basque espagnol qui été séquestré pendant deux jours par un commando de l'ETA.
D'après agence
Manifestations après l'attentat |
Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche sur la place de la Puerta del Sol, dans le centre de Madrid. Les manifestants, brandissant des drapeaux espagnols, protestaient davantage contre le chef du gouvernement socialiste que contre l'ETA. Le rassemblement avait été convoqué par l'Association des victimes du terrorisme, proche de l'opposition conservatrice, dont le président s'est déclaré dimanche "totalement indigné" par l'attitude de Zapatero. La Fédération espagnole des municipalités et provinces avait appelé pour sa part à des manifestations silencieuses de cinq minutes à midi devant toutes les mairies du pays, en signe de protestation contre l'attentat de samedi. |
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