Les 25 ralentissent les négociations avec la Turquie

le 11 décembre 2006 à 18h34 , mis à jour le 12 décembre 2006 à 10h55

Les ministres des Affaires étrangères ont suivi les recommandations de la Commission européenne, qui propose de stopper 8 des 35 chapitres d'adhésion. Décision vendredi au Conseil européen.

LCI-TF1, la ville d'IstanbulLa ville d'Istanbul © LCI

Après des négociations difficiles entre partisans et opposants à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, les ministres des Affaires étrangères des 25 sont tombés d'accord lundi pour ralentir les négociations d'adhésion. Ankara refuse toujours en effet d'appliquer en faveur de Chypre, qu'elle ne reconnaît pas, le protocole dit d'Ankara qui étend son union douanière avec l'UE aux dix Etats entrés dans le bloc européen en 2004, dont Chypre. Elle interdit notamment les navires et avions chypriotes grecs d'entrer dans ses ports et aéroports. Elle exige au préalable la levée de l'embargo qui frappe la République turque de Chypre du Nord (RTCN), proclamée unilatéralement et reconnue uniquement par Ankara.

Reprenant les recommandations de la Commission européenne, les ministres des Affaires étrangères ont donc trouvé un compromis pour ralentir les négociations. Les détails précis de cet accord n'ont pas été immédiatement présentés. Mais les 25 avaient annoncé un peu plus tôt être parvenus à un accord pour suspendre huit des 35 chapitres qui jalonnent les négociations d'adhésion à l'UE -principalement des chapitres ayant trait au commerce-, ralentissant de facto la marche de la Turquie vers l'Union, déjà prévue pour durer 10 ou 15 ans. Ils avaient aussi indiqué avoir trouvé un compromis pour réévaluer tous les ans jusqu'en 2009 les progrès que pourraient effectuer la Turquie.

Date butoir ?

Lundi soir, les discussions se poursuivaient sur la manière de réévaluer les progrès éventuellement effectués par Ankara pour respecter ses obligations. Chypre et la Grèce demandent notamment de fixer une date butoir à laquelle ils pourraient éventuellement durcir les sanctions. La présidence finlandaise de l'UE propose quant à elle une réévaluation "constante" de ces progrès, sans date butoir, une proposition destinée à arriver à un compromis entre les positions de Chypre et de la Grèce et celle du Royaume-Uni notamment, qui refuse absolument une date butoir.

Pour éviter de fâcher la Turquie, les 25 discutaient également de la possibilité de préciser dans leur déclaration qu'ils sont prêts à travailler pour mettre fin à l'isolement commercial de la République turque de Chypre du Nord, comme ils l'avaient promis à Ankara en avril 2004. Nicosie s'est toujours opposée jusqu'ici à des mesures qui rompraient cet isolement, comme une ouverture du port chypriote turc de Famagouste au commerce avec l'UE. Faute de consensus sur tous ces points, l'accord sur les huit chapitres pourrait tomber à l'eau.

le 11 décembre 2006 à 18:34
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8 Commentaires

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  • Mike, le 12/12/2006 à 09h46

    Ils n'ont rien a faire dans l'europe.

  • Regis, le 12/12/2006 à 08h49

    Oh joie :-)

  • Pmvallez, le 12/12/2006 à 06h55

    Ces 25 gouvernements respectifs auraient-ils pris conscience que leur peuple préférait leur pays à celui de leurs voisins, ce qui somme toute me semble logique, ne donneriez-vous pas le tartine à votre enfant en priorité en cas de famine ???!!! arrêtons de bâtir ce conglomérat dont personne ne veut !!!!!! depuis l'euro, vivons-nous mieux, depuis l'europe élargie vivons-nous mieux, sommes plus respectés, écoutés... la vérité c'est que nous avons bâtis une usine à gaz, nous avons égarés les plans et la raison même de sa construction

  • Dany, le 12/12/2006 à 01h09

    Comme d'habitude la turquie fait la fine bouche alors qu'elle est très mal placée... les arméniens ( 1 million de mort), l'invasion de chypre du nord (et comble de la débilité, elle empeche les chypriotes qu'elle à envahit de venir débarquer chez elle, finalement à part la politique du pousse toi de là que je m'y mette, la turquie ne fait pas dans la dentelle, et malheur à celui qui voudrait remettre en question ces actions aussi abjectes soient elles. Et ben y a du boulot , c 'est pas 15 ans , mais au moins 150 ans avant que ce pays ne fasse preuve d'introspection

  • Guillaume, le 11/12/2006 à 22h56

    On ne doit pas facher la Turquie, au vu de cet article, mais par contre, la Turquie, elle, elle peut nous facher sans problème. Quel courage ! Il vaudrait mieux lui imposer nos règles ou basta.

  • Luther, le 11/12/2006 à 21h57

    Voilà une petite victoire pour le peuple européen! Mais pourquoi ne pas dire la vérité tout de suite aux turques? NON à la Turquie dans l'Europe, ni dans 15 ou 20 ou 50 ans!

  • Jeannot, le 11/12/2006 à 21h52

    Pauvre Jean Monnet! il doit se retourner dans sa tombe! Ces négociations n'auraient jamais dû commencer; je respecte la culture turque, mais nous sommes trop différents; nous avons déjà parfois du mal avec nos proches voisins, malgré notre histoire commune... En fait, s'il n'y avait pas l'aspect écononique, leur adhésion n'aurait pas été évoquée; ce n'est pas de cette Europe-là que nous voulons

  • Alain, le 11/12/2006 à 20h39

    L'entree de la Turquie marquerait la fin de l'Europe. C'est au peuple Europeen de decider, pas a quelques politiciens corrompus

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