La cérémonie au cours de laquelle Mgr Stanislaw Wielgus devait être confirmé comme archevêque de Varsovie, convertie in extremis en "messe d'action de grâce" pour le sacerdoce de Mgr Glemp © TF1/LCIUne cérémonie annulée à la dernière minute... et convertie in extremis en une "messe d'action de grâce" pour le sacerdoce de Mgr Glemp, archevêque de Varsovie. Un archevêque sur le départ et rappelé soudain pour assurer l'intérim. Un autre prélat, désigné pour lui succéder, contraint de démissionner... Du jamais vu dans l'Eglise polonaise.
La démission du nouvel archevêque de Varsovie, Mgr Stanislaw Wielgus, convaincu de collaboration avec l'ancienne police secrète communiste, a été annoncée dimanche après deux jours d'un scandale qui a ébranlé le pays, et le pape l'a acceptée. Benoît XVI a confié l'administration de l'archidiocèse au titulaire sortant, le cardinal Jozef Glemp, "jusqu'à la prise de nouvelles décisions". Selon le communiqué du Vatican, la démission de Mgr Wielgus a été acceptée par le pape en vertu de l'alinéa 2 de l'article 401 du droit canon. Cet alinéa précise que "l'évêque diocésain qui en raison d'une maladie ou d'une autre cause grave se trouve moins apte à l'accomplissement de sa fonction est vivement invité à présenter sa démission d'office".
Revirement du Vatican
Vendredi pourtant, alors qu'une commission d'enquête de l'Eglise polonaise, en s'appuyant sur des documents de l'Institut de la mémoire nationale (IPN) qui gère les archives des services spéciaux de l'époque, venait de reconnaître que Mgr Wielgus avait sciemment collaboré avec la police secrète communiste, le Vatican avait confirmé la confiance du pape envers le nouvel archevêque en renvoyant les journalistes à un communiqué publié le 21 décembre. Ce communiqué soulignait que "le Saint Siège, en décidant la nomination du nouvel archevêque de Varsovie, a pris en considération toutes les circonstances de sa vie, parmi lesquelles celles concernant son passé".
Selon les documents d'IPN reproduits vendredi par la plupart des médias polonais, le nouveau métropolite de Varsovie avait été recruté par la police secrète en 1967, alors qu'il était encore étudiant en philosophie de l'Université catholique de Lublin. Mgr Wielgus avait même suivi une "formation spéciale pour agents". La police secrète polonaise (SB) le désignait sous les pseudonymes "Grey", "Adam" et "Adam Wysocki".
D'après agence
Le Vatican dénonce une "vengeance" contre l'Eglise polonaise |
"L'actuelle vague d'attaques contre l'Eglise catholique en Pologne, à tant d'années de distance de la fin du régime communiste (...), a les aspects d'une étrange alliance entre les persécuteurs du passé et d'autres de ses adversaires", plutôt que d'une "sincère recherche de transparence et de vérité", a estimé dimanche le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. Ces "attaques" contre l'Eglise du pape Jean Paul II paraissent "une vengeance de la part de ses anciens persécuteurs, vaincus par la foi et la volonté de liberté du peuple polonais", a-t-il ajouté. Le porte-parole a cependant souligné que la démission de l'archevêque, acceptée par le pape, "est apparue comme une solution adéquate" face à la "désorientation" provoquée dans la nation polonaise par les révélations sur son passé de collaborateur de la police politique communiste. |
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