Démonstration de force anti-ETA

le 14 janvier 2007 à 07h51 , mis à jour le 14 janvier 2007 à 07h59

Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue lors de deux manifestations, les premières organisées depuis l'attentat de Madrid.

Plus de 250.000 Espagnols ont exprimé samedi leur rejet du terrorisme de l'ETA, au cours de deux grandes manifestations organisées à Madrid et à Bilbao (en plein Pays Basque), boycottées par la droite et le parti indépendantiste basque Batasuna. Il s'agissait des premières grandes manifestations après l'attentat meurtrier commis il y a exactement deux semaines à l'aéroport de Madrid par l'ETA, en violation du "cessez-le-feu permanent" qu'elle observait depuis le 24 mars.

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La police locale de Bilbao a estimé à 80.000 le nombre de Basques ayant répondu à l'appel du chef du gouvernement autonome basque, la nationaliste modéré du PNV, Juan José Ibarretxe. A Madrid, la préfecture a chiffré le nombre de manifestants à près de 175.000 personnes pour la marche convoquée par les deux grands syndicats espagnols, UGT et CO.OO et la Fédération des associations d'Equatoriens en Espagne (Fenadee). Parmi eux, quatre représentants du gouvernement, dont le ministre du Travail, Jésus Caldera. De nombreux immigrants équatoriens rendaient hommage dans ce cortège à leurs deux compatriotes tués dans l'attentat du 30 décembre, Diego Armando Estacio et Carlos Alonso Palate.

Un message pas assez ferme, selon la droite

Pour la première fois depuis la restauration de la démocratie en Espagne, les conservateurs du Parti populaire (PP) ne participaient pas une marche dénonçant le terrorisme de l'ETA. La droite a refusé de se joindre à cette marche dont le mot d'ordre ne comportait pas, selon elle, un message assez clair appelant "à vaincre l'ETA" par la seule pression policière et judiciaire. Zapatero avait déclaré samedi dernier que l'ETA avait par son attentat brutal mis un "point final" au processus de paix engagé il y a neuf mois. Mais les conservateurs accusent le chef du gouvernement de tenir un double langage et de ne pas avoir renoncé définitivement à chercher une issue négociée à 38 années de lutte sanglante de l'ETA pour l'indépendance du Pays basque.

Outre le Parti populaire, la puissante Association des victimes du terrorisme (AVT), très marquée à droite, ne participait pas non plus aux manifestations de Madrid et Bilbao, alors qu'elle avait organisé ces derniers mois de grandes manifestations contre le processus de paix lancé par Zapatero. A Bilbao, c'est le parti indépendantiste interdit Batasuna, bras politique de l'ETA, qui faisait figure de grand absent.

D'après agence

le 14 janvier 2007 à 07:51
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