Le chef du gouvernement Zapatero et le roi d'Espagne Juan Carlos, le 6 janvier 2007 © TF1/LCIUne semaine après l'attentat de l'ETA à l'aéroport de Madrid, le chef du gouvernement espagnol a déclaré samedi que le processus de paix engagé avec l'ETA avait atteint son "point final". José Luis Rodriguez Zapatero a ainsi confirmé les propos tenus plus tôt dans la semaine par son ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, qui avait qualifié de "rompu, liquidé, terminé" l'actuel processus.
Zapatero doit s'expliquer devant le Parlement dans une dizaine de jours sur cet épineux dossier après une série de consultations que doit mener, mardi et mercredi, Alfredo Perez Rubalcaba avec les chefs des groupes parlementaires pour tenter d'élaborer une nouvelle "stratégie commune" face au terrorisme de l'ETA.
Parallèlement, le roi d'Espagne Juan Carlos a appelé samedi à "l'unité" nationale face au terrorisme, tout en exprimant sa "pleine confiance dans la solidité des institutions démocratiques" espagnoles. "L'action solide de la justice, l'efficacité de nos forces de sécurité et le renforcement de la coopération internationale" permettront de "mettre fin définitivement à la violence", a-t-il estimé lors de l'hommage traditionnel du début d'année aux forces militaires.
Avertissement au gouvernement espagnol?
Sur les lieux de l'explosion, le corps de la seconde victime équatorienne, Diego Armando Estacio, 19 ans, a été extrait samedi matin puis, après une autopsie, a été rapatrié par avion militaire spécial en fin d'après-midi vers l'Equateur, selon des médias espagnols. Le corps de la première victime, Carlos Alonso Palate, 34 ans, avait été découvert mercredi puis rapatrié vers l'Equateur jeudi. Les deux Equatoriens dormaient chacun dans leur voiture en attendant l'arrivée de proches par avion et ont été pris dans la puissante explosion d'une camionnette piégée garée dans le parking du terminal 4 de l'aéroport Madrid-Barajas.
Le groupe armé, responsable de la mort d'environ 850 personnes au cours de 38 ans de lutte armée, n'a toujours pas expliqué son geste ni indiqué ses intentions futures. Contrairement à ce qui s'était passé lors des deux précédentes trêves de l'ETA en 1989 et 1999, l'organisation séparatiste n'a pas averti à l'avance de la suspension de son cessez-le-feu.
Les spécialistes s'interrogent sur cette absence de préavis et estiment que cela pourrait indiquer que l'ETA ne voulait pas rompre le processus de paix mais simplement lancer un avertissement - qui a mal tourné - au gouvernement espagnol face à l'absence d'avancées sur une fin négociée du conflit basque.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




