
Voici un surprenant épisode dans la longue et tumultueuse histoire des relations entre la France et le Royaume-Uni : le 10 septembre 1956, Guy Mollet, alors président (socialiste) du Conseil de la IVe République, aurait proposé au Premier ministre britannique (conservateur), Anthony Eden, que leurs deux pays s'engagent dans une "union" politique. La BBC révèle lundi l'information dans le cadre d'une émission diffusée à la radio. Elle cite des documents officiels britanniques déclassifiés depuis une vingtaine d'années mais qui étaient passés inaperçus.
En septembre 1956, les deux voisins d'Outre-Manche se trouvent en fâcheuse posture : l'Egyptien Nasser a nationalisé le canal de Suez, dont les principaux actionnaires étaient alors français et britanniques. La BBC souligne également que la tension monte entre Israël, allié de Paris, et la Jordanie, soutenue par Londres. Le risque est grand que les deux pays européens se retrouvent impliqués dans un conflit.
Elisabeth II, souveraine des Français
Anglophile convaincu, Guy Mollet imagine ce "mariage" franco-anglais. Malgré un refus britannique, le président du Conseil revient à la charge en proposant cette fois-ci que la France intègre le Commonwealth. La proposition suscite l'intérêt d'Anthony Eden mais les autorités britanniques soulignent qu'il faudrait alors que les Français reconnaissent la Reine d'Angleterre comme leur souveraine. La deuxième proposition française restera lettre morte.
Le 29 octobre 1956, Français, Britanniques et Israéliens lancent l'opération Mousquetaire pour mettre la main sur le Canal de Suez. Condamnation des Nations Unies : l'Egypte garde la main sur le canal tandis que les deux pays européens constatent les limites de leur puissance déclinante. Finalement, la France rejoint une autre union transnationale, celle de la Communauté européenne, le 25 mars 1957. Le Royaume-Uni la rejoindra à son tour le 1er janvier 1973.
Non à l'Union |
Sur son site internet, la BBC demande aux internautes si la France et le Royaume-Uni auraient dû fusionner. Résultats du sondage, lundi à 17h30 : le non l'emporte à plus de 54%, seuls un peu plus de 36% des près de 11.000 votants se déclarant favorables à une telle idée. Restent enfin les indécis : ils sont plus de 9% à avoir répondu "Je ne sais pas"... en français dans le texte.
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