Ouverture du procès des attentats du 11 mars 2004 (Madrid, 15 février 2007) © TF1/LCILe procès des 29 accusés des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, la pire tragédie terroriste ayant endeuillé l'Espagne et revendiquée au nom d'Al-Qaïda, s'est ouvert ce jeudi pour près de six mois dans la capitale espagnole. De très nombreux policiers, certains armés de fusils ou accompagnés de chiens, sont déployés tout autour et à l'intérieur de l'annexe, transformée en bunker, du tribunal antiterroriste espagnol, l'Audience nationale, où se tient le procès. Un hélicoptère survole la zone, située en bordure de la M-30, le périphérique de Madrid, à l'orée du parc de la Casa de Campo, à l'ouest de la capitale.
"J'ai les jambes qui tremblent, j'ai peur, j'ai des crampes à l'estomac", confiait avant l'ouverture Pilar Manjon, la présidente de la principale association de victimes de ces attentats. Les larmes aux yeux, cette femme qui avait perdu un fils de 20 ans dans les attentats, s'est jetée dans les bras de son avocat en arrivant au tribunal. "Cela va être difficile de regarder dans les yeux ceux qui ont détruit ma vie, mais je vais le faire pour mon fils", a-t-elle ajouté.
Pourtant, dès l'ouverture, l'un des cerveaux présumés, Rabei Ousmane Sayed Ahmed, alias "Mohammed l'Egyptien", a rejeté en bloc les accusations portées contre lui et refusé de répondre au tribunal. A la reprise de l'audience dans l'après-midi, il a également nié "toute relation avec les événements". Peu après, "Mohamed l'Egyptien" a "condamné inconditionnellement et de manière complète" ces attentats. Il a également condamné les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et ceux de Londres en juillet 2005.
Le 11 mars 2004, 10 bombes explosent...
Le 11 mars 2004, vers 7h40, pas moins de 10 bombes avaient explosé dans quatre trains de banlieue bondés se dirigeant vers la gare d'Atocha. Bilan final : 191 morts et 1824 blessés... Le gouvernement Aznar avait immédiatement accusé l'ETA, par crainte d'un vote sanction contre son engagement militaire critiqué en Irak. Mais l'enquête avait convergé rapidement vers la piste islamiste et l'onde de choc de l'attentat s'était propagée le 14 mars 2004 dans les urnes, avec la victoire surprise des socialistes de José Luis Rodriguez Zapatero contre le gouvernement de droite sortant de José Maria Aznar. La première décision de Zapatero avait été de retirer le contingent militaire espagnol d'Irak, conformément à sa promesse électorale.
Une "théorie de la conspiration", selon laquelle ces attentats auraient été manipulés dans l'ombre par l'ETA, a néanmoins été alimentée jusqu'à ce jour par la frange dure du Parti populaire (PP, droite) et certains médias. D'où la remise, à quelques heures du début du procès, d'une ultime expertise des explosifs par la police espagnole, afin d'écarter définitivement la piste basque.
Seuls trois des 13 présumés poseurs de bombes sont jugés au cours de ce procès : les Marocains Jamal Zougam et Abdelmajid Bouchar, et le Syrien Basel Ghayloun. Sept autres se sont suicidés à l'explosif lors du siège policier de leur appartement, le 3 avril 2004, à Léganès, près de Madrid. Trois ont échappé à la justice. Les autres principaux accusés sont trois des quatre "cerveaux" présumés. L'un d'eux, "Le Tunisien", Sarhane ben Abdelmajid Fakhet, s'est immolé à Léganès. Les autres sont "Mohammed l'Egyptien", qui s'en est vanté lors de conversations interceptées, le Marocain Youssef Belhadj, soupçonné d'être "Abou Doujanah l'Afghan", qui apparaît dans une vidéo revendiquant les attentats au nom d'Al-Qaïda, et le Marocain Hassan Al Haski, un présumé dirigeant du Groupe islamique combattant du Maroc (GICM), "filiale" d'Al-Qaïda impliquée dans les attentats de mai 2003 à Casablanca.
D'après agence
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