Les portugais vont voter par référendum pour ou contre l'avortement © TF1-LCILe Portugal se prononce en faveur de la dépénalisation de l'avortement, avec une majorité de 57% à 62 % de voix pour, selon différents sondages de sortie des urnes. Mais la participation (environ40%) ne devrait pas atteindre le seuil de 50% requis. Ce qui invalide le référendum. Le Premier ministre socialiste avait annoncé avant le scrutin que le Parlement modifierait de toute façon la loi actuelle si le oui était majoritaire, ce qui est le cas.
Il s'agissait d'un référendum historique au Portugal, pays qui se dit catholique à plus de 90% et pour qui la dépénalisation de l'avortement constitue un sujet tabou. Les Protugais devaient se prononcer dimanche pour ou contre la liberté pour les femmes d'interrompre volontairement une grossesse dans ses dix premières semaines. La loi portugaise, une des plus restrictives de l'Union européenne, prévoit actuellement des peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison pour les femmes qui avorteraient volontairement, sauf en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou de malformation du foetus.
Avortements clandestins
La dépénalisation de l'avortement a fait l'objet de débats animés dans la presse mais n'a guère suscité la mobilisation de la population. La campagne a été menée essentiellement d'un côté par les partis de gauche et cinq mouvements de citoyens divers, et de l'autre par douze organisations fortement inspirées par l'Eglise catholique, qui a mobilisé tous ses moyens en faveur de "la défense de la vie de la conception à la mort".
Le Premier ministre socialiste, José Socrates, s'est personnellement impliqué en faveur du "oui" afin, a-t-il dit, de "mettre fin à la honte nationale des avortements clandestins", 18 000 en 2005, selon le Planning familial, et permettre au pays de "rejoindre le camp de la modernité et du progrès". L'Eglise et les organisations catholiques ont appelé à rejeter le "crime abominable" de l'avortement. Certains de leurs membres ont menacé d'excommunication les électeurs qui voteraient "oui", d'autres ont mis en garde sur la "malédiction" qui ne manquerait pas de s'abattre sur le Portugal s'il rejoignait "l'apostasie silencieuse" du reste de l'Europe et sa "culture de la mort".
(D'après agence)
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