Le déroulement d'une messe à la cathédrale de Varsovie © TF1/LCIMédicaments, argent et même une moto, la police secrète communiste ne lésinait pas sur les cadeaux pour recueillir de précieuses informations sur Karol Wojtyla, le futur Jean Paul II, auprès d'un prêtre de son entourage à Cracovie. Dans un rapport publié ce jeudi, l'Eglise polonaise raconte en détail l'histoire du père Mieczyslaw Satory, qui a collaboré pendant plus de 30 ans avec la police secrète (SB), pratiquement jusqu'à sa mort en 1980.
Enrôlé peu après la guerre, le père Satory a été un agent précieux pour la SB. Nommé à la curie de Cracovie, il habitait le même bâtiment que Karol Wojtyla. Il a eu notamment pour tâche de fournir des informations détaillées sur l'appartement du futur pape, son emplacement dans le bâtiment, la disposition des meubles. Il devait indiquer l'endroit idéal pour l'observation de Wojtyla par la SB, vérifier le type de serrures de son appartement et même faire les doubles des clés pour permettre aux agents d'y pénétrer en son absence.
L'emploi du temps détaillé du futur pape
La SB lui a demandé de fournir l'emploi du temps détaillé de Wojtyla : à quelle heure il se levait, ses rencontres. Il devait aussi informer la police par avance de ses sorties hors de Cracovie. Le prêtre rapportait à la SB des documents de l'archevêché pour qu'ils soient copiés, des photos et des plans de ses locaux ainsi que les tampons officiels de la curie. La police lui avait aussi appris à se servir d'un appareil photo miniature.
Pour son travail, il recevait toutes sortes de rénumérations en nature. La première, enregistrée le 31 mars 1947, est un coupon de tissu. Le prêtre a aussi reçu de l'argent ou des petits cadeaux comme des agrumes, du café, du vin ou du chocolat. Les registres soigneusement tenus révèlent aussi des cadeaux plus étonnants comme 100 litres d'essence ou des billets pour un match de football et encore une moto de construction tchèque "Jawa". Il recevait aussi des médicaments. Diabétique, il bénéficiait régulièrement d'insuline produite à l'Ouest. Selon les historiens, la maladie du prêtre, qui était en outre étroitement surveillé par d'autres agents de la SB, a été l'une des raisons principales de sa collaboration.
D'après agence
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