Le droit à l'avortement soumis à un référendum

le 11 février 2007 à 08h11 , mis à jour le 11 février 2007 à 09h24

Selon les derniers sondages, la victoire du "oui" serait assurée mais elle dépendra en partie du taux d'abstention.

TF1-LCI : Les portugais vont voter par référendum pour ou contre l'avortementLes portugais vont voter par référendum pour ou contre l'avortement © TF1-LCI

C'est un référendum historique au Portugal, pays qui se dit catholique à plus de 90% et pour qui la dépénalisation de l'avortement constitue un sujet tabou. Les électeurs votent depuis ce  dimanche matin. Ils doivent se prononcer pour ou contre la liberté pour les femmes d'interrompre volontairement une grossesse dans ses dix premières semaines.

Selon les derniers sondages, la victoire du "oui" serait assurée mais elle dépendra en partie du taux d'abstention sur lequel plane une forte incertitude, les différents instituts d'opinion le plaçant entre 11 et 45%. La loi portugaise, une des plus restrictives de l'Union européenne, prévoit actuellement des peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison pour les femmes qui avorteraient volontairement, sauf en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou de malformation du foetus.

Avortements clandestins

La dépénalisation de l'avortement a fait l'objet de débats animés dans la presse mais n'a guère suscité la mobilisation de la population. La campagne a été menée essentiellement d'un côté par les partis de gauche et cinq mouvements de citoyens divers, et de l'autre par douze organisations fortement inspirées par l'Eglise catholique, qui a mobilisé tous ses moyens en faveur de "la défense de la vie de la conception à la mort".

Le Premier ministre socialiste, José Socrates, s'est personnellement impliqué en faveur du "oui" afin, a-t-il dit, de "mettre fin à la honte nationale des avortements clandestins", 18 000 en 2005, selon le Planning familial, et permettre au pays de "rejoindre le camp de la modernité et du progrès". L'Eglise et les organisations catholiques ont appelé à rejeter le "crime abominable" de l'avortement. Certains de leurs membres ont menacé d'excommunication les électeurs qui voteraient "oui", d'autres ont mis en garde sur la "malédiction" qui ne manquerait pas de s'abattre sur le Portugal s'il rejoignait "l'apostasie silencieuse" du reste de l'Europe et sa "culture de la mort".

(D'après agence)

le 11 février 2007 à 08:11
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