© AFP - M. FedouachCesare Battisti, arrêté dimanche au Brésil, est réclamé à la fois par la France (des policiers français de l'organisation internationale de la police, Interpol, ont d'ailleurs collaboré à son interpellation) et par la justice italienne. L'Italie veut lui faire purger une peine de prison à perpétuité pour plusieurs homicides ; Battisti est également toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis en août 2004 par la cour d'appel de Paris.
Mais, estime l'un des avocats de l'ex-activiste italien d'extrême gauche, Me Eric Turcon, la demande de la justice italienne est "prioritaire" par rapport à la demande française d'extradition. L'arrestation est d'ailleurs intervenue sur ordre du Tribunal fédéral suprême brésilien, en réponse à une demande d'extradition du gouvernement italien, a indiqué la police brésilienne. C'est désormais à la justice brésilienne de juger si, comme la France, elle souhaite autoriser l'extradition de Battisti vers l'Italie. Le 23 octobre 2004 en effet, Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, avait signé un décret d'extradition de Battisti vers l'Italie. Le recours déposé en août 2005 par ses avocats devant la Cour européenne des droits de l'Homme contre ce décret d'extradition français est toujours en cours d'examen.
"Si c'était en France, il serait rejugé"
"Les Brésiliens vont devoir décider si la procédure de contumace italienne est en harmonie avec la loi brésilienne", estime Me Eric Turcon. "Si c'était en France, il serait rejugé après avoir fait opposition de sa condamnation par contumace. En Italie, cette possibilité n'existe pas, il n'aura pas d'autre choix que de purger sa peine".
Sur réquisitions du parquet général, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait ordonné l'émission, le 30 août 2004, d'un mandat d'arrêt à l'encontre de Battisti. Sous contrôle judiciaire en France, il avait enfreint ses obligations en ne se présentant pas à la police. La police française avait donc compétence pour participer à son arrestation au Brésil. "Je ne comprends pas bien ce que la police française venait faire là", a toutefois commenté dimanche Me Turcon.
D'après agences
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