George W. Bush et Vladimir Poutine en tenue traditionnelle lors du sommet de l'APEC à Hanoi, le 19 novembre 2006 © TF1/LCILes relations entre l'Otan et les Etats-Unis se sont refroidies ces derniers jours. En cause, la décision des Etats-Unis de poursuivre l'installation d'un système de défense anti-missiles dans les anciens bastions de l'URSS et en Europe, pour contrer d'éventuelles attaques de l'Iran ou de la Corée du Nord.
Ces projets américains de "boucliers" anti-missiles ne font pas en effet pas l'unanimité au sein de l'organisation transatlantique. Le ministre de la Défense allemand a demandé que les membres de l'Otan soient consultés. Réponse du chef de l'agence de défense anti-missile du Pentagone : "il est important d'obtenir la compréhension et le partenariat de nos alliés, mais les Etats-Unis ne cherchent pas une approbation en tant que telle", de l'Otan. En clair, les Etats-Unis se passeront de l'accord des pays membres de l'organisation transatlantique.
"Une nouvelle Guerre froide ? "
La semaine dernière, les Etats-Unis s'étaient déjà heurtés à la Russie, Vladimir Poutine estimant que les autorités américaines débordaient "de leurs frontières nationales" et que ces boucliers représentaient "un facteur d'instabilité dans le monde" et une menace contre la sécurité de la Russie.
"Une nouvelle Guerre froide ? Certainement pas," a estimé le chef de la diplomatie russe, dans une tribune du Washington Post, tentant de désamorcer la crise. Mais la tension reste bien palpable entre les deux pays, notamment en raison du projet d'installation d'un radar mobile dans le Caucase, qui sera pointé sur l'Iran et transportable n'importe où dans la région en quelques jours.
"Chaque pays est libre"
Javier Solana, représentant diplomatique de l'Union européenne a lui exprimé ses doutes sur l'existence d'une menace de tirs sur l'Europe en provenance de l'Iran ou de la Corée du Nord, tout en précisant qu'il n'existait pas de politique commune. "Chaque pays est libre d'accepter ce qu'il veut", a-t-il déclaré en marge d'une réunion des ministres de la Défense de l'UE.
Pour les Etats-Unis, cependant, "cette menace constitue une urgence", l'Iran disposant déjà de missiles capables d'atteindre les pays de l'Otan et que, d'ici 2015, il pourrait atteindre les Etats-Unis. Washington souhaite installer une station radar en République Tchèque et dans le Caucase et dix intercepteurs anti-balistiques en Pologne.
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