Manifestation contre l'ETA à Madrid © TF1/LCILa droite espagnole a manifesté en masse, samedi à Madrid, contre la "clémence" du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, accusé d'avoir "cédé au chantage de l'ETA" en accordant un régime de semi-liberté au détenu basque José Ignacio de Juana Chaos. La manifestation convoquée par le Parti Populaire (PP, opposition de droite) sous le slogan "Espagne pour la liberté, plus de concessions à l'ETA", a rassemblé environ 2,1 millions de manifestants selon les autorités régionales de Madrid, aux mains du PP. Le gouvernement, pour sa part, a fait état de quelque 340.000 participants.
Le gouvernement socialiste a accordé le 1er mars, "pour des raisons humanitaires", un régime de semi-liberté à Jose Ignacio de Juana Chaos, membre de l'ETA, l'organisation indépendantiste armée basque. Ce détenu, qui avait purgé une peine de 20 ans de prison pour 25 assassinats, observait depuis novembre une grève de la faim pour protester contre une nouvelle peine de prison qui lui avait infligée pour avoir écrit deux articles virulents dans le journal indépendantiste Gara. Le gouvernement craignait que son possible décès en prison ne fasse de lui un martyr de la cause indépendantiste.
"Qui a cédé une fois face à eux est condamné à céder encore"
A la fin du défilé de Madrid, qui s'est déroulé sans incidents, le dirigeant du PP, Mariano Rajoy, a fustigé le gouvernement, "qui s'est laissé manoeuvrer par un assassin et a cédé". "Qui a cédé une fois face à eux est condamné à céder encore (...) le gouvernement s'est mis lui-même dans un piège et ne sait pas comment en sortir", a lancé le leader de l'opposition. Rejetant tout dialogue avec l'ETA ou avec son bras politique Batasuna, Mariano Rajoy, qui a fait du dossier basque son principal et presque unique cheval de bataille contre Zapatero, a appelé les Espagnols à "défendre la nation".
La manifestation était le point d'orgue d'une mobilisation tous azimuts du PP contre la politique basque de Zapatero. Des dizaines de milliers de personnes avaient déjà manifesté vendredi soir dans 65 villes espagnoles, et des manifestations plus modestes ont eu lieu samedi devant des ambassades d'Espagne de divers pays dans le monde. Par crainte d'éventuels débordements de la part de groupuscules d'extrême droite, Mariano Rajoy avait insisté sur le caractère "modéré" et "ouvert" du rassemblement de Madrid. La numéro deux du gouvernement, la vice-présidente Maria Teresa Fernandez de la Vega, a estimé pour sa part que le PP avait "franchi la ligne rouge du jeu démocratique" et s'était transformé en "parti de l'agitation, des mensonges et de la propagande".
D'après agence
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