Seringues et matériel médical © TF1/LCILa justice espagnole a classé lundi l'affaire de dopage sanguin présumé "Puerto", au motif qu'il n'y avait pas en Espagne de loi pénale antidopage quand le scandale a éclaté en mai 2006. Mais les cyclistes cités restent sous la menace de sanctions sportives. "Tout ça pour ça !", s'est exclamé le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme en apprenant la nouvelle. "J'espère que le dossier sera étudié si, comme on le dit, c'est possible à partir du moment où l'affaire est close pénalement", a-t-il ajouté.
Les cinq personnes poursuivies dans ce dossier bénéficient donc d'un non-lieu, dont le sulfureux Dr Eufemiano Fuentes et l'ancien manageur de l'ex-équipe Liberty, Manolo Saiz. Ce n'est en effet que le 2 novembre 2006, soit six mois après le début du scandale, que les députés espagnols ont adopté une loi antidopage prévoyant pour la première fois des sanctions pénales pour les personnes fournissant aux sportifs des produits dopants ou incitant à leur consommation. Mais "pour ces coureurs, rien n'est terminé", avait assuré vendredi le président de l'Union cycliste internationale (UCI), Pat McQuaid, anticipant la décision attendue du juge espagnol. L'UCI est bien décidée à aller jusqu'au bout de l'affaire Puerto en prenant le relais des poursuites au plan disciplinaire.
Les coureurs protestent
Mais elle risque de ne pas avoir la tâche facile. Pat McQuaid avait ainsi évoqué vendredi la possibilité que la justice espagnole ne lui remette qu'une partie des pièces du dossier d'instruction. Une hypothèse qui réduirait alors les possibilités pour les instances sportives de sanctionner les plus de 50 coureurs cités, parmi lesquels l'Italien Ivan Basso ou l'Allemand Jan Ullrich, aujourd'hui à la retraite. Interrogé par le journal AS, l'avocat du Dr Eufemiano Fuentes, au coeur de l'affaire, a estimé pour sa part que les "preuves obtenues lors d'une enquête pénale ne (pouvaient) être utilisées dans les procédures sportives". "Dans ces dernières, il est impossible de faire des perquisitions, de pratiquer des écoutes téléphoniques ou d'autres actions policières. La fédération devra utiliser ses propres preuves", a-t-il estimé.
La Fédération espagnole (RFEC), qui est partie civile dans l'affaire Puerto, a indiqué lundi qu'elle attendait de se voir notifier la décision du juge avant de se prononcer sur un éventuel appel. Anticipant l'annonce du classement de l'affaire Puerto, les coureurs et les équipes présentes sur le Paris-Nice ont décidé pour leur part d'observer une minute de silence et de retarder lundi le départ de la première étape en signe de protestation. "Cette action symbolique s'explique par le fait que les équipes et coureurs n'entendent pas oublier l'affaire Puerto et que toutes les équipes ont signé le code de conduite", a indiqué l'association des équipes dans un communiqué. L'association des équipes a demandé que "justice soit faite".
D'après agence
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