L'Italien Piergiorgio Welby, qui a lancé un appel, à la télévision, au président de la République pour lui demander le droit de mourir, le 24 septembre 2006 © TF/LCI/DRLes partisans de la légalisation de l'euthanasie ont accueilli la décision comme une victoire marquant une étape décisive dans leur combat. Mardi soir, la justice italienne a accordé la relaxe au Docteur Mario Riccio, qui avait délibérément débranché l'appareil respiratoire de Piergiorgio Welby, un paralysé maintenu en vie artificiellement et qui souhaitait mourir. Le cas de cet écrivain de 60 ans, atteint de dystrophie musculaire, avait divisé l'opinion italienne.
Pour l'association Luca Coscioni, qui milite pour la légalisation de l'euthanasie, cette décision "reconnaît pleinement le droit pour un citoyen de refuser les soins, même si cela implique une mort certaine". Les militants anti-euthanasie et certains hommes politiques avaient eux assimilé la mort de Welby à un meurtre.
"Impeccable" dans sa prise de décision
Mais plus important, cette décision de justice a mis en lumière une contradiction dans la loi italienne. Selon la Constitution, les malades ont en effet le droit de refuser tout traitement. A l'inverse, le code pénal exige des médecins qu'ils utilisent tous les recours existants pour garder un patient en vie.
La justice italienne vient en outre confirmer la décision du comité médical italien, qui avait innocenté à l'unanimité le Docteur Riccio en février. Le médecin risquait la radiation de l'Ordre des médecins, mais le président du comité avait estimé que le Docteur Riccio avait été "impeccable" dans sa prise de décision.
L'euthanasie reste cependant toujours illégale en Italie, où le Vatican, qui s'oppose à cette pratique, conserve une influence notable sur les décisions politiques et les orientations sociales du pays. Le pape Benoît XVI lui-même s'était joint au débat, estimant que la vie était sacrée jusqu'à son "crépuscule naturel".
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