Cesare Battisti, à sa sortie de détention en 2004 © TF1/LCILe chef du gouvernement italien Romano Prodi a exprimé dimanche sa "satisfaction" et adressé "ses félicitations aux forces de l'ordre italienne qui en coopération avec celles du Brésil et de la France ont permis" l'arrestation de l'ancien activiste d'extrême-gauche Cesare Battisti. Son ministre de la Justice s'est également félicité de "la brillante opération" policière. Clemente Mastella, cité par l'agence Ansa, a exprimé son espoir "que les procédures d'extradition puissent conduire rapidement au retour en Italie de Battisti, condamné définitivement pour quatre homicides et d'autres délits graves."
Pietro Forno, substitut du procureur général de Turin et l'un des juges ayant poursuivi Battisti, a exprimé lui aussi sa satisfaction estimant que l'ancien activiste était aussi dangereux aujourd'hui qu'à l'époque où il avait été condamné pour homicide par la justice italienne. "Je note qu'aucun élément ne peut faire penser qu'il ait changé en termes de dangerosité", a indiqué le juge à l'agence Ansa. Pietro Forno a rappelé qu'il avait été l'objet "d'attaques féroces" dans les années 80 pour avoir poursuivi Cesare Battisti et qualifié de "permissivité" l'attitude à l'époque des autorités françaises "qui pendant longtemps, ont considéré que des gens comme Cesare Battisti étaient victimes de procès sans preuves et de persécutions politiques".
Bayrou évoque "notre droit français, européen, occidental"
En France en revanche, nettement plus mesuré, François Bayrou a estimé : "Quelle que soit l'horreur que m'inspire cette période, l'horreur que m'inspirent ces actes, dont je ne sais pas s'il est coupable ou pas, notre droit français, européen, occidental, c'est qu'un homme a droit à un procès en sa présence".
Quant au PS, il a souligné son attachement au respect des "conventions internationales sur l'extradition". "Cesare Battisti était en France depuis de nombreuses années et jusque là, personne n'avait remis en cause sa présence", a assuré le directeur de cabinet de François Hollande, Stéphane Le Foll. Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry (Essonne), a souhaité pour sa part que Battisti "réponde devant la justice italienne".
Le député et conseiller de Paris Pierre Lellouche (UMP) a "félicité la police française qui en liaison avec la police brésilienne a mis fin aujourd'hui (dimanche) à la cavale du terroriste italien Cesare Battisti au Brésil"."Arrestation électorale"
Les Verts ont également réagi. Affirmant que l'arrestation de Cesare Battisti, intervenue du fait d'un "non-respect d'engagements pris par l'Etat français", constituait "un signe avant-coureur inquiétant de ce que Nicolas Sarkozy ferait s'il était élu président". "Combien y aurait-il ainsi de remises en cause d'engagements de la France si Sarkozy était élu ?", ont-ils demandé.
L'un des avocats français qui a défendu l'ex-activiste, Me Irène Terrel, s'est dit "catastrophée" en apprenant la nouvelle de l'arrestation de Cesare Battisti. Deux autres avocats français de l'ancien activiste, Mes Eric Turcon et Edgar Vincensini, ont indiqué qu'ils partaient dimanche soir pour Rio de Janeiro. "L'idée est de bien faire comprendre à l'avocat brésilien que nous avons mandaté, Me Rogerio Marcolini, que la contumace italienne (sa condamnation à perpétuité par la cour d'assises de Milan en 1993, ndlr) ne nous semble pas régulière au regard de la loi brésilienne, pas plus qu'elle ne l'était au regard de la loi française", a précisé Me Turcon.
"C'est une arrestation électorale et même électoraliste, a réagi pour sa part l'écrivain Gilles Perrault, qui s'était mobilisé en 2004 contre l'extradition de Battisti. Un triste événement, alors que la police a tant de tâches plus urgentes que d'aller chercher quelqu'un très loin pour une très vieille histoire", a-t-il déclaré.
D'après agences
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