Erdogan peut-il calmer le jeu ?

le 30 avril 2007 à 11h40 , mis à jour le 30 avril 2007 à 12h17

Le Premier ministre turc va s'adresser à la nation sur fond de vives tensions opposant tenants de l'islamisme aux partisans de la laïcité et à l'armée.

TF1/LCI : Manifestation de partisans de la laïcité, dimanche à Istanbul (29 avril 2007)Manifestation de partisans de la laïcité, dimanche à Istanbul (29 avril 2007) © TF1/LCI

La Turquie traverse actuellement une grave crise politique. Le Premier ministre Erdogan doit s'adresser à la Nation dans la soirée. Parallèlement, la Cour constitutionnelle devrait commencer à étudier dans la journée la légitimité du vote du parlement pour l'élection du prochain président sur fond de querelles opposant l'armée et les défenseurs de la laïcité à l'unique candidat, issu de la mouvance islamiste et qui se définit lui-même comme un "démocrate conservateur".

Ce dernier, le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül, a réaffirmé dimanche qu'il ne renonçait pas à briguer la présidence, bien qu'il ne soit pas parvenu vendredi, à réunir les 367 voix requises au Parlement pour être élu au premier tour. Le même jour, plus d'un million de personnes, selon la police, défilaient à Istanbul pour affirmer leur attachement aux principes de la laïcité.

L'attitude de l'armée reste l'inconnue du vote

Même s'il n'a pu réunir les voix requises, au prochain tour, au cours duquel seule la majorité simple est requise, Abdullah Gül est assuré d'accéder à la fonction suprême, fort du soutien écrasant du parti de la Justice et du Développement, l'AKP, issu de la mouvance islamiste. Cette perspective n'est pas pour plaire à l'armée. Les militaires, déjà responsables de trois coups d'Etat, se sont dits vendredi soir, fermement déterminés à défendre le principe de laïcité. Le gouvernement a riposté le lendemain rappelant que l'état-major "demeurait sous les ordres du Premier ministre".

Le déroulement de l'élection présidentielle, observé avec attention à Bruxelles, aura valeur de test dans la longue marche de la Turquie vers le bloc européen. La présidence allemande de l'UE "attend que tous les responsables politiques contribuent à ce que l'élection présidentielle se déroule conformément aux règles démocratiques". Sans nommer l'armée, la présidence a insisté en particulier pour que ce scrutin ne soit pas influencé par des "pressions extérieures". Le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a souligné lundi "l'exigence démocratique" de conduire "jusqu'au bout" l'élection présidentielle en Turquie, tout en rappelant l'attachement des Européens et de la France aux principes de la laïcité.

D'après agence

le 30 avril 2007 à 11:40
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