Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko annonçant la dissolution du Parlement ukrainien (2 avril 2007) © TF1/LCILe décret sur la dissolution du Parlement ukrainien est entré en vigueur mardi matin. Les élections législatives anticipées sont officiellement fixées au 27 mai. Le président pro-occidental Viktor Iouchtchenko a refusé d'entendre les appels de son Premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch, lui demandant de surseoir à la publication du texte. Les Etats-Unis ont lancé un appel au calme, de même que la Russie, alors que la dissolution était célébrée dans la nuit à Kiev par des partisans de l'opposition pro-occidentale, sur la place centrale, le Maïdan, haut lieu de la Révolution orange... Mais cette décision ne met pas fin au bras de fer. Ianoukovitch a appelé le Parlement à continuer à travailler malgré la dissolution. Les deux adversaires, le président et son Premier ministre, se sont retrouvés mardi après-midi au beau milieu de cette crise politique...
L'annonce de cette dissolution du Parlement, lundi, par le président Iouchtchenko, marquait le point culminant de plusieurs mois de conflit avec la majorité gouvernementale pro-russe. Les parlementaires de la majorité, réunis en session extraordinaire dans la soirée, avaient aussitôt réagi en adoptant une résolution déclarant cette décision "sans fondement légal". Résolution qui n'a en rien empêché son entrée en vigueur ce mardi, pas plus que les concessions au président votées dans la foulée, qui prévoyaient notamment de "suspendre" le renforcement de la coalition pro-russe avec des députés pro-occidentaux et "d'accélérer" la préparation d'une loi contenant des garanties sur le maintien de la politique extérieure pro-occidentale.
Des pouvoirs présidentiels déjà minés et de plus en plus menacés
Ces deux points sont en effet au coeur de la crise : Viktor Iouchtchenko accuse notamment la coalition pro-russe de s'être renforcée de façon "anticonstitutionnelle" en faisant passer des parlementaires pro-occidentaux dans son giron dans le but d'acquérir la majorité constitutionnelle de 300 voix d'ici mai. Dans ce cas, le président, dont les prérogatives ont déjà été considérablement réduites ces derniers temps, resterait pratiquement sans pouvoir, la coalition étant capable de modifier la Constitution à son gré et de surmonter tout veto présidentiel. Le chef de l'Etat a aussi accusé les députés d'adopter régulièrement des décisions "illégitimes" dont une loi qui vient de réduire davantage ses compétences.
Pendant que les partisans des deux camps manifestent régulièrement à Kiev depuis plusieurs jours, des représentants des autorités et de forces politiques doivent rencontrer ce mardi les ambassadeurs des pays du G8 pour les informer de la situation en Ukraine, selon l'agence Interfax.
D'après agence
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