Vladimir Poutine lors d'un dîner avec les 25 de l'Union europénne en Finlande, le 20 octobre 2006 © TF1/LCIPour son 8e discours à la Nation, le dernier avant la fin de son mandat en mai 2008, Vladimir Poutine n'a pas seulement défendu son bilan, qui a permis de faire de la Russie "une des dix plus puissantes économies dans le monde". Il a surtout tapé du poing sur la table en interpellant les Occidentaux, des "colonisateurs" qui, sous couvert de promotion de la démocratie, s'invitent dans les affaires de l'Etat russe. Comment ? En finançant l'opposition et les ONG de défense des droits de l'Homme...
"Le flux d'argent venant de l'étranger, utilisé pour une ingérence directe dans nos affaires intérieures, augmente", a déploré le maître du Kremlin dès le début de son discours. "Il y a ceux qui, en utilisant habilement une phraséologie pseudo-démocratique, aimeraient revenir à un passé proche : les uns pour piller comme avant les richesses du pays, voler les gens et l'Etat, sans être châtiés; les autres pour priver notre pays de son autonomie économique et politique", a-t-il ajouté à l'adresse des Occidentaux. Pour lui, les Occidentaux "utilisent des slogans sur la démocratisation, mais le but est le même : l'acquisition de manière unilatérale d'avantages destinés à assurer leurs intérêts propres". Et d'ironiser : "A l'époque du colonialisme, on parlait du rôle civilisateur des Etats-colonisateurs".
Bouclier antimissile : le bras de fer s'aggrave
Un discours symptomatique de l'état de la Russie aujourd'hui : maître d'un pays où les séparatismes sont sous contrôle, où le Parlement a vu son rôle réduit à la portion congrue et où les médias ont été mis au pas, Vladimir Poutine semble néanmoins craindre la rue et l'organisation d'une révolution pacifique. Les manifestations de la mi-avril organisées par le mouvement d'opposition L'Autre Russie, dirigé par l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, s'étaient ainsi terminées par des charges violentes des policiers anti-émeutes et l'arrestation de centaines de manifestants. Auparavant, le Kremlin avait promulgué une loi entrée en vigueur en avril 2006 qui place les ONG sous le contrôle étroit des autorités. Plusieurs ONG estiment que la nouvelle législation complique l'obtention d'aides financières étrangères et fournit un prétexte pour éliminer les organisations jugées hostiles aux autorités.
Mais Vladimir Poutine a aussi attaqué sur un autre plan : soucieux de répondre à l'expansion militaire de l'Otan à ses frontières et notamment au projet américain de bouclier antimissile, il a menacé de sortir du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), un des textes clés régissant la sécurité sur le Vieux Continent après la Guerre froide. "Je propose que nous déclarions un moratoire sur le respect par la Russie du traité, jusqu'à ce que tous les pays de l'Otan le ratifient", a déclaré le président russe. Même si les experts estiment généralement qu'aujourd'hui, Moscou n'a plus les moyens d'une course aux armements, la menace est symboliquement lourde...
D'après agence
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