© AFP - DDP/JUERGEN SCHWARZA quelques semaines du départ du Tour de France, un nouveau coup dur est porté au cyclisme. Plusieurs anciens coureurs de l'équipe Deutsche Telekom, ont tour à tour reconnu avoir pris des produits dopants dans les années 1990, alors que l'équipe allemande était l'une des plus en vue du peloton.
Le plus connu d'entre eux, Erik Zabel, est le premier ancien coureur de Telekom toujours en activité à passer aux aveux. "Je me suis dopé à l'EPO en 1996, mais j'ai arrêté après une semaine de prise à cause des effets secondaires", a reconnu jeudi le sprinter aux multiples victoires d'étapes sur la Grande Boucle. "C'était ma seule expérience avec le dopage durant toute ma carrière", précise-t-il, en larmes. Son ancien coéquipier Rolh Aldag, actuellement à la tête de la formation T-Mobile, a lui reconnu mercredi s'être dopé de 1995 et jusqu'en 2002 : "Je présente mes excuses, j'ai menti en me disant qu'on ne pouvait pas me prendre".
Les coureurs "n'étaient pas forcés"
Des aveux qui interviennent dans le cadre d'un grand déballage sur les pratiques de la formation cycliste, qui a lieu en Allemagne depuis le début de la semaine. Bert Dietz, champion d'Allemagne 1993 amateur, a raconté comment, lors d'un stage à Majorque fin 1994, les médecins de Telekom lui ont vanté les mérites de l'EPO. "Jamais on ne nous a dit : 'il faut se doper', mais c'était évoqué de telle façon qu'on savait qu'on jouait notre avenir. Je voulais faire le Tour de France, j'étais déjà marié", s'est-il justifié.
Christian Henn, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Séoul en 1988 est lui plus fataliste : "je peux juste dire que j'ai utilisé de l'EPO. C'était comme ça à l'époque". Udo Bölts, triple champion d'Allemagne et vainqueur du Dauphiné libéré 1997 et lieutenant de Jan Ullrich sur le tour de France, a pour sa part admis avoir pris des produits interdits de 1995 à 1997.
Ullrich nie en bloc
Suite à ces déclarations, les médecins mis en cause, Lothar Heinrich et Andreas Schmid, ont avoué à leur tour avoir aidé certains coureurs à se doper. "J'ai mis à disposition des substances dopantes et en particulier de l'EPO", a déclaré Andreas Schmid mercredi, en précisant que "les sportifs savaient ce qu'ils faisaient et n'étaient pas forcés". Actuellement employés par l'hôpital universitaire de Fribourg, le plus réputé d'Allemagne en matière de médecine sportive, les deux praticiens ont été suspendus de leur fonction mardi et la direction de l'université a précisé que leurs travaux et recherches depuis 20 ans feront l'objet d'une analyse approfondie.
Et naturellement, tous les regards se tournent désormais vers Jan Ullrich, qui était à l'époque le leader de l'équipe Telekom. Le coureur, qui a pris sa retraite cet hiver, continue cependant de nier en bloc. "Ullrich, avec son talent exceptionnel, n'avait pas besoin de se doper", a déclaré l'un de ses avocats mercredi. En février, l'ancien coureur avait assuré "n'avoir rien à se reprocher" et "n'avoir jamais triché". Mais l'étau se resserre inexorablement autour du vainqueur du Tour de France en 1997, également mis en cause dans l'affaire du réseau de dopage sanguin Puerto, qui a éclaté en Espagne au printemps 2006.
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