Tony Blair lors de son dernier congrès en tant que patron des Travaillistes, le 26 septembre 2006 © LCI-TF1
Retour sur les 10 années de Blair au pouvoir
Le 27 juin prochain, Tony Blair quittera définitivement le pouvoir. Le Premier ministre âgé de 54 ans, a fait son annonce depuis le village de Trimdon, où le 11 juin 1994 il avait lancé sa campagne pour devenir chef du parti travailliste. "Je suis revenu là où mon parcours politique avait commencé, et où il se terminera. Le parti (travailliste) élira maintenant un nouveau leader le 27 juin", a-t-il ajouté sous les applaudissements.
Le chef du gouvernement a affirmé "avoir fait ce qu'(il) pensait être bien" pour son pays. "Ca a été un honneur de la servir (la Grande-Bretagne). Je remercie le peuple britannique pour les fois où ça a bien marché. Et je présente mes excuses pour les fois où je n'ai pas été à la hauteur", a ajouté M. Blair dans un discours particulièrement émouvant.
Gordon Brown favori
Son départ de la direction du Parti travailliste, majoritaire au parlement, entraîne automatiquement sa démission de Downing Street dès la désignation de son successeur à la tête du Labour. Son départ, devrait devenir effectif début juillet, après la désignation de son successeur à la tête du parti travailliste. L'identité de celui-ci ne fait plus guère de doute. Le Premier ministre a déjà quasiment adoubé son successeur, l'actuel ministre des Finances Gordon Brown, en laissant entendre qu'"un Ecossais" lui succéderait à Downing Street. A 56 ans, Gordon Brown, qui espérait déjà en 1997 devenir Premier ministre, aura dû faire preuve de patience pour obtenir les clefs de Downing Street.
Parti travailliste en difficulté
Tony Blair devrait encore participer aux grandes réunions internationales prévues en Juin, celle du G8 et le sommet de l'Union européenne, toutes deux en Allemagne. Il a fait son annonce de départ dans la foulée d'un de ses succès majeurs : la remise en route mardi du gouvernement nord-irlandais, où cohabitent désormais les ennemis d'hier, protestants et catholiques, avec comme Premier ministre le protestant Ian Paisley.
L'annonce de son départ déclenche une procédure interne au parti travailliste pour désigner son successeur qui devrait s'achever fin juin ou début juillet. Celui-ci deviendra alors automatiquement Premier ministre jusqu'aux prochaines élections attendues en 2009 ou 2010, en tant que chef du parti majoritaire à la Chambre.
Tony Blair laisse un parti travailliste en difficulté. Son parti a subi de sérieux revers aux élections locales et régionales du 3 mai en Angleterre, au pays de Galles et en Ecosse. Après trois victoires successives aux législatives sous la direction de Tony Blair, le Labour est désormais distancé dans les sondages par les Conservateurs menés par David Cameron. Malgré une économie britannique en pleine forme, les travaillistes subissent l'usure du pouvoir et pâtissent de la décision de Tony Blair de participer aux côté des Etats-Unis à l'invasion de l'Irak. Mais mercredi, le Premier ministre, toujours optimiste, a encore une fois défendu son bilan, et s'est dit convaincu que le parti travailliste pouvait remporter un quatrième mandat.
Félicitations de Bush
Réagissant à l'annonce du départ de Tony Blair, La Maison Blanche a salué jeudi un "dirigeant extraordinaire", un "ami et allié" du président George W. Bush et un Premier ministre britannique qui a perpétué une alliance d'une "importance stratégique extraordinaire".
Jacques Chirac recevra vendredi à 16H30 à l'Elysée Tony Blair. Il doit également rencontrer vendredi en fin d'après-midi le président élu Nicolas Sarkozy, selon Claude Guéant, ancien directeur de campagne du candidat UMP.
(D'après agence)
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