"Un compromis est possible" sur un traité simplifié

le 14 juin 2007 à 15h06 , mis à jour le 14 juin 2007 à 17h18

Si Nicolas Sarkozy et son homologue polonais jugent possible de rapprocher leurs positions sur un traité simplifié, il reste bien du chemin à parcourir.

TF1/LCI : Nicolas Sarkozy lors d'un point-presse commun avec le président polonais (14 juin 2007)Nicolas Sarkozy lors d'un point-presse commun avec le président polonais (14 juin 2007) © TF1/LCI

Nicolas Sarkozy était ce jeudi à Varsovie, pour tenter de convaincre les dirigeants conservateurs polonais de ne pas bloquer l'adoption d'un nouveau traité européen. Les jumeaux Kaczynski, respectivement président et Premier ministre, n'ont cessé de menacer de mettre leur veto à une relance de la réforme des institutions européennes, si leurs partenaires de l'UE rejettent leur proposition de modifier le système de vote à la majorité qualifiée dans les instances de l'UE. Les dirigeants polonais jugent que le système du vote à la double majorité (55% des Etats-membres représentant 65% de la population de l'UE), prévu par le traité constitutionnel rejeté par la France et les Pays-Bas, avantage trop les grands pays comme l'Allemagne ; ils refusent de voir son principe repris dans un nouveau traité.

Le chef de l'Etat français plaide l'urgence pour relancer une Union européenne en panne institutionnelle, quand la Pologne campe sur ses positions en estimant que le temps joue pour elle. "Il nous faut maintenant aller très vite. Le prochain Conseil européen des 21 et 22 juin doit permettre de nous mettre d'accord sur le contenu du traité simplifié pour qu'il soit signé avant la fin de cette année et entre en vigueur avant la fin de l'année 2008, au plus tard avant les élections européennes de 2009", a martelé Nicolas Sarkozy. La Pologne estime, au contraire, qu'il n'y a aucune urgence. Le Premier ministre Jaroslaw Kaczynski a réclamé lundi "environ un an" pour négocier le nouveau traité.

Aucun signe d'assouplissement de la position polonaise

Un compromis dès ce jeudi à Varsovie apparaissait donc comme improbable, même si Nicolas Sarkozy avait affirmé avant sa visite qu'il voulait proposer à la Pologne "un partenariat franco-polonais stratégique au coeur de l'Union" ; mais la conférence de presse commune des deux chefs d'Etat a permis à chacun d'afficher les efforts pour rapprocher les positions polonaise et française. "Nous pensons que durant ces journées d'une extrême importance, les 21 et 22 juin, nous parviendrons à un compromis, que tous les pays en sortiront moyennement satisfaits", a ainsi affirmé le président polonais Lech Kaczynski, à l'issue de deux heures d'entretiens avec son homologue français à Varsovie. "La Pologne devrait participer à ce compromis et fuir comme la peste l'isolement, comme la France devrait participer à un compromis et fuir comme la peste l'isolement", a dit de son côté Nicolas Sarkozy.

Le président Kaczynski n'a cependant donné aucun signe de vouloir assouplir la position dure de la Pologne. Les dirigeants polonais estiment que leurs propositions sont déjà un gros compromis pour eux. "La Pologne ne veut pas être seule, elle ne veut pas être isolée, mais rester alliée de la France et de l'Europe. Cependant, la conviction que la Pologne finira par avoir peur est erronée", a prévenu Lech Kaczynski. Le président polonais a réitéré qu'il considérait comme un bon compromis pour l'Europe sa proposition de réforme du système de vote dans les instances européennes. La Pologne propose d'attribuer aux pays membres des droits de vote calculés selon la racine carrée du nombre d'habitants afin de réduire l'influence des grands pays.

D'après agence

le 14 juin 2007 à 15:06
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