Plus de 100 kg d'explosifs saisis le 31 mars 2007 en Espagne © TF1-LCICoup de théâtre en Espagne dans la lutte antiterroriste. Le chef des conservateurs, Mariano Rajoy, a promis lundi de donner à José Luis Rodriguez Zapatero, son plein "soutien pour vaincre l'ETA", qui a formellement rompu il y a une semaine son cessez-le-feu. Le chef du gouvernement socialiste a reçu le président du Parti populaire (PP, droite) pour tenter de renouer avec lui l'"union" perdue des deux grands partis politiques espagnols face aux menaces de l'organisation indépendantiste basque armée.
José Luis Zapatero, qui avait fait de la pacification du Pays Basque la priorité de son mandat, a nettement durci le ton samedi lors d'une réunion du Parti socialiste (PSOE). "Je serai implacable face à la menace de la terreur", a-t-il dit. Ce recadrage, à la fois dicté par l'attitude de l'ETA et la volonté de ressouder un électorat socialiste en partie déboussolé, avait été précédé dans la semaine d'une ferme riposte judiciaire au groupe armé. Au lendemain du communiqué de l'ETA, le détenu basque en semi-liberté José Ignacio de Juana Chaos avait été renvoyé en prison. Le lendemain, trois membres présumés de l'ETA étaient interpellés dans le Sud de la France. La semaine avait culminé avec l'incarcération d'Arnaldo Otegi, le leader de Batasuna, bras politique de l'ETA, sitôt confirmée par une condamnation à 15 mois de prison pour "apologie du terrorisme".
Elargir le Pacte antiterroriste
"L'heure n'est pas aux reproches ni à parler de la crédibilité du président du gouvernement", a souligné lundi Mariano Rajoy, qui s'était farouchement opposé à la tentative de règlement négociée de la question basque engagée en 2006 par le gouvernement de Jose Luis Zapatero. A dix mois des élections législatives de mars 2008, Mariano Rajoy a toutefois relevé qu'il restait "du temps pour réclamer des responsabilités".
L'oeil rivé lui aussi sur les législatives de 2008, Mariano Rajoy a pour la première fois évoqué la possibilité d'élargir le Pacte antiterroriste, conclu entre son parti et les socialistes en 2000, à d'autres formations, comme le Parti nationaliste basque (PNV), au pouvoir au Pays Basque. Très isolé sur l'échiquier politique, le PP pourrait avoir grand besoin pour gouverner des nationalistes démocrates-chrétiens basques du PNV et des catalans de CiU s'il n'obtenait qu'une majorité relative aux législatives de 2008.
(D'après agence)
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