Réunion sur le Darfour à Paris, le 25 juin 2007 © LCI"Le silence tue", avait lancé Nicolas Sarkozy avant la conférence sur le Darfour qui s'est tenue lundi à Paris, soulignant que la rencontre avait pour objectif de "mobiliser la communauté internationale" et de "fixer une feuille de route claire". Pour cela, il a demandé aux grandes puissances réunies à l'Elysée d'être "ferme" avec le Soudan, "s'il refuse de coopérer" à un réglement de la guerre civile au Darfour. Khartoum, qui est sous pression de la communauté internationale, a qualifié cette réunion "d'inopportune" et n'y a pas envoyé de représentant.
"Une petite lueur"
Le chef de l'Etat a aussi mis en garde la quinzaine de groupes rebelles qui s'opposent au gouvernement soudanais et à ses milices. "Nous devrons être fermes à l'égard des belligérants qui refuseraient de revenir à la table de négociation", a-t-il déclaré. "Deux axes nous guident : le premier, sans ambiguïté pour la France, consolider le rôle moteur des Nations unies et de l'Union africaine dans la conduite du processus politique", a soulginé Nicolas Sarkozy, qui a aussi réaffirmé que "la seule issue possible à la crise du Darfour est politique". Le deuxième axe, c'est "agir en urgence pour répondre aux besoins sécuritaires et humanitaires sur le terrain", a-t-il précisé.
Le président français a ensuite estimé que le feu vert donné le 12 juin par Khartoum au déploiement d'une force hybride ONU-Union africaine était "une évolution encourageante" mais qu'il fallait "désormais accélérer" le processus. Après des mois de pressions diplomatiques, le Soudan a accepté que cette nouvelle force de 20.000 hommes remplace l'actuelle force africaine, l'Amis, composée de 7000 hommes mal équipés.
"Nous devons redoubler d'efforts"
A la sortie de la réunion, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné que "cela fait trop longtemps que la communauté internationale attend, la population a trop souffert et que "le temps est venu d'agir, en particulier pour le président (soudanais) Omar el-Béchir, et en même temps, je demande aux rebelles de montrer plus de souplesse et de participer au processus politique".
Bernard Kouchner a lui déclaré que "l'avenir s'est éclairci" pour le Darfour. "Quelqu'un a pu dire lors de la réunion qu'il y avait une petite lueur au fond de ces ténèbres", a indiqué le ministre des Affaires étrangères en sortant de la réunion, qui ne devait pas déboucher sur l'annonce de mesures spectaculaires. Pour la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, "C'était l'occasion de réunir tout le monde et de savoir exactement ce que nous devons faire". "La communauté internationale ne peut pas continuer à rester sans rien faire", a dit la secrétaire d'Etat américaine. "Nous devons redoubler d'efforts", a-t-elle répété.
Il s'agit de la première conférence de ce type organisée depuis le début, en février 2003, des violences qui ont fait quelque 200.000 morts et 2,1 millions de déplacés, dans cette province de l'ouest du Soudan. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, dont le pays dénonce un "génocide" et a mis en cause le régime de Khartoum, et le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon participent notamment à la rencontre.
Avec Agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





