Gordon Brown, lors de la conférence du Labour à Manchester, le 24 juin 2007 © LCISans surprise, le ministre britannique des Finances Gordon Brown est officiellement devenu dimanche le nouveau chef du parti travailliste. Il remplace Tony Blair, qui dirigeait le parti depuis juillet 1994. En tant que chef du parti majoritaire à la Chambre, Gordon Brown deviendra automatiquement Premier ministre après la démission de Tony Blair, mercredi. Selon le système politique britannique, des élections législatives ne sont pas nécessaires si le parti au pouvoir change de leader à mi-mandat. Le futur Premier ministre devrait remanier le gouvernement dès jeudi.
L'actuel Premier ministre britannique a salué dimanche en Gordon Brown, seul candidat à ce poste, "le nouveau leader du parti travailliste", se réjouissant que le parti ait réussi une "transition stable et ordonnée" avant de lui serrer la main. "C'est avec humilité et fierté, et avec un grand sens du devoir que j'accepte le privilège et la grande responsabilité de diriger notre parti et changer notre pays", a déclaré Gordon Brown. "Je justifierai chaque jour et dans chaque acte la confiance que vous avez placée en moi", a-t-il ajouté en remerciant Tony Blair pour son leadership ces dix dernières années.
Tendance qualifiée de "stalinienne"
Le "couronnement" de Gordon Brown, 56 ans, a été voté par les membres du parti lors d'une conférence extraordinaire à Manchester, où a également été désignée la numéro 2 du parti, en la personne d'Harriet Harman, jusqu'à présent secrétaire d'Etat à la justice. Cette fidèle du New Labour, née à Londres et députée depuis 1982, l'a emporté de justesse au 5e tour, face au ministre de l'Education Alan Johnson, après l'élimination des quatre autres candidats, le ministre à l'Irlande du Nord Peter Hain, le ministre au Développement international Hilary Benn, la ministre sans portefeuille Hazel Blears et le député Jon Cruddas.
Gordon Brown aura du travail dès sa prise de fonction. Le parti travailliste a vu le nombre de ses membres s'amoindrir, sa popularité s'effriter, tandis que ses coffres sont de moins en moins remplis. Le prochain Premier ministre va devoir resserrer les rangs et restaurer la confiance après des allégations de corruption sur le financement du parti qui ont terni la dernière année de Tony Blair au pouvoir. Il devra aussi prouver ses capacités à convaincre l'électorat et faire mentir ceux qui critiquent son manque de charisme, sa propension à décider seul, et sa tendance qualifiée de "stalinienne" à vouloir tout contrôler.
D'après agence
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