Un bureau de vote en Belgique, lors des municipales du 8 octobre 2006 © TF1/LCILes Belges élisent ce dimanche leurs députés et sénateurs, à l'issue d'une campagne tendue. Les quatre partis de la coalition sortante - les libéraux flamands (VLD) et francophones (MR) et les socialistes flamands (SPA) et francophones (PS) - sont donnés en recul par rapport au scrutin de 2003, tandis que tous les partis d'opposition, dont en premier lieu les chrétiens-démocrates flamands du CDV, devraient progresser, selon les sondages.
En tête des derniers sondages avec 28% des voix arrivent le CDV, qui prône un confédéralisme renforçant les pouvoirs de la Flandre- première région du pays où vit 60% de la population belge - et ses alliés de la Nieuw Vlaamse Alliantie (NVA), un petit parti indépendantiste. Derrière eux, le parti d'extrême droite Vlaams Belang, indépendantiste aussi, devrait devenir le 2e parti de Flandre avec 23% des voix. Même s'il est acquis qu'il restera à l'écart du pouvoir en vertu d'un "cordon sanitaire" mis en place par les autres partis, le poids de l'ex-Vlaams Blok pèsera sur les autres formations néerlandophones, lors des négociations entre Flamands et francophones, prévues après les élections.
"Bonne gouvernance" et pouvoirs renforcés
Sauf surprise, l'homme fort du CDV, Yves Leterme, un juriste de 46 ans qui est devenu ministre-président de la région flamande en 2004, devrait être appelé à former la prochaine coalition gouvernementale, un processus qui pourrait durer jusqu'à la fin de l'été. Bien qu'il n'ait jamais exercé de fonction ministérielle nationale, Yves Leterme a donc de grandes chances de redonner aux chrétiens-démocrates le siège de Premier ministre qui leur avait échappé en 1999, lorsque la crise du poulet à la dioxine avait poussé Jean-Luc Dehaene dans l'opposition.
Car si la coalition libérale socialiste sortante peut s'enorgueillir d'une baisse des impôts, de la création d'emplois nouveaux et d'une réduction de la dette publique, des problèmes persistants assombrissent son bilan. Les Belges restent inquiets pour leur pouvoir d'achat, l'investissement dans la recherche et l'enseignement sont insuffisants, et l'industrie est fragilisée par la mondialisation. Des faits divers sanglants, dont le meurtre d'un adolescent pour son lecteur MP3, ainsi que la question des sans-papiers, le vieillissement ou le changement climatique jouent contre les partis au pouvoir.
Trouver des partenaires francophones
Pour s'y atteler, Yves Leterme propose deux recettes : la "bonne gouvernance", leitmotiv de sa campagne, et des pouvoirs renforcés, économiques et sociaux, pour les trois régions belges : Flandre, Wallonie et Bruxelles. Mais transférer des compétences aux régions requiert une majorité simple dans chaque groupe linguistique au Parlement et, au total, une majorité des deux-tiers à la Chambre et au Sénat. S'il sort en tête du scrutin, M. Leterme devrait donc d'abord s'atteler à rassembler autour de lui un, voire deux partis flamands (socialistes et/ou libéraux), qui partagent, avec des nuances, sa volonté d'une plus grande autonomie flamande.
Mais il devra aussi trouver des partenaires francophones, qui jusqu'ici, ne sont "pas demandeurs" d'une réforme qu'ils perçoivent comme un premier pas vers l'éclatement de la Belgique. Or le paysage politique en Wallonie s'est brouillé, avec les affaires de corruption qui ont éclaboussé le PS jusqu'ici dominant et sa quasi-rupture avec son allié actuel, les libéraux. Ils rivaliseront dimanche pour la première place. Le Centre démocrate humaniste (CDH) et les écologistes devraient en profiter,en restant toutefois à bonne distance. Le Front National pourrait également effectuer une percée en Wallonie avec environ 8% des voix.
D'après agence
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