Vladimir Poutine, deux jours avant le début du G8 © TF1/LCIComme au temps de la guerre froide, le président russe a menacé de pointer de nouveaux missiles vers l'Europe si les Etats-Unis y déploient leur bouclier antimissile. "Si le potentiel nucléaire américain s'étend sur le territoire européen, nous devrons prendre de nouvelles cibles en Europe", a déclaré Vladimir Poutine dans un entretien avec plusieurs médias occidentaux, dont Le Figaro. "Il revient à nos militaires de définir ces cibles tout comme de choisir entre missiles balistiques et missiles de croisière", a-t-il ajouté, reprenant ainsi au plus niveau des menaces voilées exprimées jusqu'ici par les chefs de l'armée russe. "Nous voulons rééquilibrer les instruments de défense avec des outils offensifs plus efficaces, mais nous savons que cela risque de relancer une course aux armements, dont nous ne serions cependant pas responsables", a-t-il poursuivi.
Alors que le prochain sommet du G8 à Heiligendamm (Allemagne) approche, il ne se passe plus un jour sans que Moscou ne dénonce ce projet de bouclier, qui va transformer l'Europe en "poudrière" et consacre "l'impérialisme" américain, selon Vladimir Poutine. Le 30 Mai, la Russie a testé un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, en "réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires", a aussitôt clamé Vladimir Poutine, soit en d'autres termes au projet de bouclier américain. Quinze ans après l'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la Guerre froide, la Russie voit d'un très mauvais oeil l'Otan s'étendre vers l'Est et les bases américaines se multiplier à ses portes, de la Roumanie au Kirghizstan.
Politique commune de défense
Les Américains veulent installer dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultra-perfectionné en République tchèque dans le cadre de ce projet de bouclier antimissile. Ils affirment sans cesse, quant à eux, que celui-ci n'est pas dirigé contre la Russie, mais contre des Etats comme l'Iran. "On nous dit que cette défense sert contre les missiles iraniens, mais aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes", rétorque Vladimir Poutine.
Moscou voudrait que Washington abandonne son projet en faveur d'une politique commune de défense qui inclurait la Russie. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax, a d'ailleurs appelé dimanche à de nouvelles consultations sur un bouclier antimissile commun Otan-Russie. "Nos conclusions montrent clairement que se défendre contre des menaces qui n'existent pas n'a pas de sens. Il serait bien mieux de reprendre le travail dans le cadre du Conseil Otan-Russie sur la création d'un grand théâtre de défense antimissile" commun, a-t-il déclaré.
(D'après agence)
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