© afpLes chrétiens-démocrates flamands conduits par Yves Leterme arrivaient comme prévu en tête des législatives belges dimanche en fin de soirée, avec 31% des voix en Flandre, selon une projection basée sur des résultats partiels. Ces centristes arriveraient ainsi devant le parti indépendantiste d'extrême-droite Vlaams Belang, crédité quant à lui de 20%. Le parti libéral flamand VLD du Premier ministre sortant Guy Verhofstadt, au pouvoir depuis huit ans, serait à 18,5%, en perte de près de 6 points.
Côté francophone, le PS, membre de la coalition actuelle, perdrait 5 points par rapport à 2003, de 36 à 31-32%, tout en conservant la première place. Son rival libéral du MR de Didier Reynders, également dans la coalition au pouvoir, arrivaient seconds avec environ 28%, selon les télévisions francophones. La surprise venait essentiellement du parti écologiste Ecolo, qui semblait proche de son meilleur score de 1999, avec plus de 10% des voix.
Le scrutin proportionnel, doublé par la nécessité de représenter Flamands et Wallons au sein de l'Exécutif, rend extrêmement périlleuse la constitution d'un gouvernement fédéral. Traditionnellement, le roi charge le leader du parti vainqueur, en l'occurrence Yves Leterme, de former la coalition qui dirige le pays. Ce travail pourrait prendre plusieurs semaines. D'autant que le CD&V, ouvertement confédéraliste, doit en partie son succès à son alliance avec une petite formation qui prône ouvertement l'indépendance de la Flandre. De quoi irriter les francophones de tous poils.
| Un Premier ministre bien peu attaché à son pays... |
Parfaitement bilingue, Yves Leterme, 46 ans, juriste de formation, est assez nouveau dans le paysage politique. Grand amateur de vélo, ce père de trois enfants concède un goût certain pour les bières trappistes. Mais il reconnaît que ses tentatives de paraître "cool" à la télévision n'ont pas été très convaincantes. Ministre-président de la région flamande depuis 2004, il avait affirmé en 2006 au journal Libération que la Belgique "n'est pas une valeur en soi" et avait mis en cause les "capacités intellectuelles" des francophones à apprendre le flamand. Conservateur, il n'entend pourtant pas revenir sur les réformes libérales des deux derniers gouvernements, comme le mariage homosexuel ou la légalisation partielle de l'euthanasie. |
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