Un soldat britannique patrouillant en Ulster © TF1/LCIEn 1969, juste après le début des troubles entre loyalistes et nationalistes, les troupes britanniques arrivaient en Irlande. Nom de code de l'opération : Banner. Leur mission : assurer le maintien de l'ordre, en lieu et place de la police nord-irlandaise. Leur présence ne devait être que temporaire. Elle aura finalement duré 38 ans, aura mobilisé 300.000 soldats et fait 763 victimes dans les rangs de l'armée, pour la plupart tuées dans des attaques de militants catholiques. Les militaires britanniques furent aussi partie prenante de plusieurs tragédies en Ulster, notamment le "Bloody Sunday" où 13 civils furent tués le 30 janvier 1972 à Londonderry, la deuxième ville de la province après Belfast -l'événement inspira au groupe irlandais U2 sa célèbre chanson "Sunday bloody Sunday".
Aucune cérémonie officielle n'a eu lieu pour marquer cette étape avant tout symbolique, puisque le nombre de soldats avait été ramené à 5 000 dès 2005. Ceux-ci resteront d'ailleurs physiquement dans des casernes de la province, mais ils pourront être déployés dans le reste du monde au même titre que les autres régiments de l'armée britannique.
"Nous n'avons plus besoin d'eux"
Depuis minuit, la police d'Irlande du Nord (PSNI) assume donc seule le maintien de l'ordre. Son chef se dit persuader que ses hommes seraient à la hauteur de la tâche, facilitée par la reprise du processus de paix en mai dernier et la remise en marche du gouvernement semi-autonome créé par les accords de paix du Vendredi Saint en 1998 mais gelés entretemps. "Cela fait plusieurs mois que nous n'avons pas fait appel à nos collègues militaires pour assurer nos missions de maintien de la paix", souligne Sir Hugh Orde. Sur le terrain, la fin de l'opération "Banner" ne devrait pas donc changer grand-chose pour les policiers de la PSNI. "Nous n'avons plus besoin d'eux", assène Sir Orde.
Le PSNI, né dans le sillage des accords de 1998, recrute désormais un catholique pour chaque protestant, avec l'objectif affiché de refléter à terme la composition de la population nord-irlandaise : environ 50% de protestants et 40% de catholiques, sur 1,6 million d'habitants. Début 2007, il comptait un peu plus de 20% de policiers catholiques. Ce chiffre devrait augmenter dans les prochaines années, puisque le Sinn Fein, principal parti catholique d'Irlande du nord et aile politique de l'IRA, reconnaît désormais la légitimité de la police nord-irlandaise.
Autre signe de l'apaisement de la situation : la saison des marches traditionnelles protestantes, qui ont longtemps dégénéré en affrontements violents entre communautés protestantes et catholiques, se sont déroulées sans heurts ces deux dernières années fin juin-début juillet.
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