Poutine désamorce la "mini-crise"

Par A.C. (avec agence), le 19 juillet 2007 à 13h25 , mis à jour le 20 juillet 2007 à 07h01

Le président russe a joué jeudi la carte de l'apaisement dans le contentieux qui oppose son pays au Royaume-Uni, malgré des représailles ciblées.

TF1 / LCI Valdimir Poutine, le 19 juillet 2007Valdimir Poutine, le 19 juillet 2007 © LCI

Même si la réponse "adéquate" promise par la Russie s'est avérée plus dure que prévu par les analystes, la Russie joue la carte de l'apaisement. Jeudi, les autorités russes ont annoncé avoir décidé d'expulser quatre diplomates britanniques, en réponse à l'expulsion de quatre diplomates russes par le Royaume-Uni en liaison avec le meurtre d'Alexandre Litvinenko. Ils devront "quitter le territoire dans un délai de dix jours", a précisé Moscou.

Moscou a également décidé de ne plus accorder de visas aux "fonctionnaires" britanniques et les responsables officiels russes ne se rendront plus en Grande-Bretagne, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères. Enfin, la Russie cesse de coopérer avec le gouvernement de Gordon Brown dans le domaine de la "lutte contre le terrorisme".  La Grande-Bretagne considère que "ces représailles sont injustifiées" et David Miliband, le secrétaire au Foreign Office, a dit qu'il était "déçu".

Tensions entre l'Europe et la Russie

Pourtant, pour la diplomatie russe, il ne faut pas voir en ces represailles une dégradations des relations entre les deux pays. Le président russe Vladimir Poutine a qualifié jeudi de "mini-crise" le conflit et s'est dit "certain" que les deux pays allaient la "surmonter". "Je pense que les relations entre la Russie et la Grande-Bretagne se développeront normalement, car c'est dans l'intérêt des deux pays", a déclaré la président russe, qui s'exprimait pour la première fois depuis que Londres a décidé en début de semaine d'expulser quatre diplomates russes.

Une position confortée par les déclarations de l'ambassadeur russe à Londres, qui a affirmé que son pays "tenait" à sa relation avec la Grande-Bretagne, dans une lettre publiée jeudi dans le Times. Les affirmations selon lesquelles la Russie serait impliquée dans l'assassinat d'Alexandre Litvinenko, ex-agent russe devenu un opposant au Kremlin, sont "grotesques", insiste-t-il, qualifiant son empoisonnement de "crime odieux". 

La position de l'UE, une "mauvaise surprise"

Dans le même temps, les relations diplomatiques entre la Russie et l'Europe se sont tendues entre mercredi et jeudi. Moscou estime que la réaction de l'UE dans la crise est une "mauvaise surprise" et qu'elle va "affecter" les relations russo-européennes.

Jeudi, la France s'est déclarée solidaire de la Grande-Bretagne par la voix de David Martinon, le porte parole de l'Elysée, et mercredi, la présidence portugaise de l'UE s'était déjà dite "déçue" que la Russie ne "coopère pas de façon constructive avec les autorités britanniques" dans l'enquête sur le meurtre de l'ex-agent russe.
 
Les Etats-Unis ont également pris position jeudi, par la voix de Condoleezza Rice : la secrétaire d'Etat a estimé que la Russie devait satisfaire la demande par Londres de l'extradition du principal suspect dans le meurtre d'Alexandre Litvinenko, Andreï Lougovoï, ex-membre du KGB reconverti dans les affaires. Les Etats-Unis ont toutefois déploré le gel de la coopération antiterroriste entre la Russie et la Grande-Bretagne, une mesure qui n'est pas un pas "positif", selon le département d'Etat.



D'après agence

Par A.C. (avec agence) le 19 juillet 2007 à 13:25
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