Yves Leterme, le 23 août 2007 © TF1/LCILa Belgique va-t-elle finir par s'entendre sur un gouvernement ? Après plus de deux mois de négociations infructueuses, rien n'est moins sûr. Alors que les négociations ont été suspendues vendredi dernier, Yves Leterme, chargé par le roi des Belges de former le prochain gouvernement de coalition, a jeté l'éponge jeudi soir. "Le roi a reçu en audience M. Yves Leterme, formateur. M. Leterme a demandé à être déchargé de sa mission. Le roi a accepté cette demande", indique un bref communiqué du palais, qui ne précise pas si le roi entend nommer rapidement un nouveau "formateur" ou s'il compte lui-même entamer de nouvelles consultations politiques.
"Cet après-midi, j'ai dû constater qu'il est impossible d'élaborer avec succès un programme gouvernemental ambitieux dont les électeurs ont clairement défini la perspective et la direction le 10 juin", a déclaré Yves Leterme dans un communiqué séparé. "C'est pourquoi j'ai demandé à sa majesté le roi de me décharger de ma mission de formateur. Je suis arrivé à cette décision après avoir tâché, en âme et conscience et avec beaucoup de patience et d'ardeur, de rapprocher les positions des quatre partis pendant cinq semaines et d'élaborer un bon programme pour un gouvernement stable auquel notre pays a droit."
Des pancartes réclamant l'"indépendance de la Flandre"
Forcé d'interrompre pour la deuxième fois en une semaine ses vacances dans le sud de la France, le roi Albert II a été accueilli devant les grilles de sa résidence par une vingtaine nationalistes agitant des drapeaux aux couleurs jaunes et noires de la Flandre et des pancartes réclamant l'"indépendance de la Flandre".
Du côté des dirigeants des deux communautés linguistiques belges, on commençait à s'accuser mutuellement d'avoir fait échouer les négociations. "Les Flamands ont mis sur la table leurs exigences de façon très courtoise, très raisonnable, mais les francophones ont dit non de manière très insultante, très arrogante", a déclaré Bart De Wever, le président d'un petit parti indépendantiste, la Nouvelle Alliance Flamande, allié aux démocrates-chrétiens. Des responsables francophones ont pour leur part accusé Yves Leterme d'avoir privilégié au cours de sa mission les intérêts des Flamands plutôt que ceux de l'ensemble des habitants du pays.
La fin de l'orange bleue ?
Yves Leterme, chef des démocrates-chrétiens flamand, était arrivé en tête en Flandre lors des législatives du 10 juin. Il avait été élu sur un programme réclamant plus de compétences, notamment économiques, pour la Flandre. Depuis la mi-juillet, il menait des négociations pour bâtir une coalition de centre-droit, baptisée "l'orange bleue", rassemblant démocrates-chrétiens et libéraux, tant francophones que néerlandophones.
Mais après des jours de tension croissante, les quatre "futurs partenaires" avaient dû constater leurs désaccords profonds dans la nuit de mercredi à jeudi, les francophones opposant un non catégorique aux exigences flamandes de réforme de l'Etat.
(D'après agence)
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