Deux pyromanes filmés sur les hauteurs d'Athènes © LCI |
| Reportage à Frixa, dans l'ouest du Peloponnèse |
"La plupart des feux sont d'origine humaine"
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Une partie du Péloponnèse en feu, des incendies géants échappant à tout contrôle et qui ont déjà fait plus d'une soixantaine de victimes, des dizaines de foyers signalés en quelques heures à peine ; les images de présumés incendiaires diffusées à la télévision : faut-il y voir la marque d'un plan concerté ? Dès samedi, le Premier ministre grec, Costas Caramanlis, évoquait la piste d'incendies volontaires. Et il désignait la piste d'un groupe organisé d'incendiaires criminels, sans cependant fournir de précisions. Depuis, il multiplie les apparitions et les entretiens : interventions télévisées, visites au siège du service de la Protection civile puis au ministère de l'Ordre public, avec notamment les chefs des renseignements, du service anti-terroriste et de la police...
Le gouvernement a offert de fortes récompenses allant de 100.000 à un million d'euros à quiconque livrera "des informations qui conduiront à la découverte et l'arrestation de personnes, appartenant à une organisation criminelle, responsable d'incendies dans le pays depuis le 1er juillet jusqu'à aujourd'hui". Aux responsables policiers, le chef du gouvernement a demandé "des mesures draconiennes" pour assurer la sécurité des Grecs et des régions sinistrées, et aider les populations touchées. Les forces de l'ordre ont été placées en état d'alerte dans toute l'Attique, la région d'Athènes.
"Catastrophe", "Honte !", "Incapables"
Le ministre de l'Ordre public Vyron Polydoras a assuré pour sa part, à l'issue de la visite de Costas Caramanlis à son ministère, que l'on pouvait parler de "menace asymétrique" (une litote pour évoquer la piste terroriste), assurant qu'il disposait, sans donner de détails, de témoignages. Quant au procureur du service anti-terroriste et du crime organisé, Dimitris Papaguélopoulos, il a ordonné une enquête préliminaire "pour déterminer si les crimes d'incendies volontaires sont inclus dans la loi anti-terroriste" et établir l'origine des criminels.
Mais ces déclarations du gouvernement ont soulevé une polémique avec les forces de gauche qui l'ont accusé de recourir au complot pour couvrir son "incapacité" à répondre à la "tragédie nationale". Il est vrai que les incendies placent la majorité conservatrice au pouvoir dans une situation politique difficile, alors que des élections anticipées sont prévues le mois prochain - élections qu'elle espérait gagner facilement. Aujourd'hui, les critiques sur l'incapacité des autorités face aux feux fusent de partout. Les gros titres de la presse grecque, loin de relayer les accusations gouvernementales, dénoncent le pouvoir : "Catastrophe", "Honte !", "Incapables", "Des mesures immédiates pour indemniser les victimes", "Au pilori !" affichaient lundi en Une les journaux grecs.
Les pompiers ont annoncé pour leur part l'inculpation de sept personnes pour incendie volontaire ou négligence depuis vendredi, et 25 autres inculpations depuis début juin. Mais rien pour l'heure qui semble étayer la thèse d'un plan concerté.
D'après agence
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