Le prince Albert II de Monaco, lors d'une conférence de presse, le 12 janvier © Abacapress.comA peine six mois après le procès des caricatures au cours duquel la liberté de la presse avait été défendue, les autorités monégasques surprennent par leur manque d'humour et leur sévérité. En effet, six mois ferme et 1500 euros d'amende ont été requis devant le tribunal correctionnel de Monaco contre un Monégasque. Son tort : s'être moqué du prince Albert II et de la classe politique du Rocher sur son site internet qu'il voulait dans la veine que Charlie Hebdo.
Sur le site internet de Marc Giacone, "Monaco Politic Circus", on pouvait ainsi admirer une photo du prince Albert II avec un nez rouge, comme les autres personnalités politiques. Le prince y était également qualifié de "chef clown séducteur", tandis que le ministre d'Etat Jean-Paul Proust (l'équivalent du Premier ministre), ancien préfet de police de Paris, apparaissait en clown "ronfleur" désespérant de pouvoir finir sa sieste. Le site internet n'a fonctionné qu'un mois, ayant été fermé depuis.
"De la diffamation"
Douze personnalités, peu sensibles à l'humour plus ou moins fin de Marc Giacone, ont déposé plainte pour "injure". Le délit "d'offense au chef de l'Etat" a été retenu dans le cas du prince. Lors de son procès, l'auteur du site internet a demandé "sincèrement pardon à toutes les personnes qu'il a insultées" et justifié sa démarche : "je n'avais l'intention de faire qu'une imitation, certes mauvaise, d'un Charlie Hebdo monégasque".
Le procureur Gérard Dubes a eu un point de vue beaucoup plus sévère, estimant que le prévenu "a dérapé gravement et basculé dans la diffamation. C'est la première fois qu'on va si loin dans une atteinte au souverain", a-t-il affirmé.
L'avocat de Giacone, Me Patrick Bérard, a défendu le droit à liberté d'expression et relativisé les propos de son client: "Le procès des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, c'est autre chose que de dessiner des grandes oreilles et un nez rouge", a-t-il suggéré, en rappelant qu'en France, le dernier procès pour "offense au chef de l'Etat" remonte à 1965. En attendant le jugement prévu le 9 octobre, Marc Giacone, organiste dans une chapelle du rocher, a été démis de ses fonctions.
Avec agence.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




